mardi 19 septembre 2017

L'alchimie taoïste

La transmutation de la matière et l'élaboration d'élixirs et de pilules de longue vie permettant d’acquérir une longévité. accrue occupent une place importante dans l'alchimie chinoise, dont la quête d'immortalité a d'ailleurs été l'un des principaux objets de recherche. Au départ, les taoïstes pensaient que l'Élixir pouvait être préparé à base de plantes ou de produits chimiques purifiés dans un creuset. Après des milliers d'années d'études et d'expérimentations, ils se sont rendus compte que l'Élixir se trouvait en réalité à l'intérieur même du corps.
L’alchimie externe (Wai Dan), pratiquée en Chine sous la dynastie des Han (206 av. J.C.) - 220) cherche à créer des élixirs Sous le règne des empereurs Tang (618 - 907), elle est progressivement remplacée par l’alchimie interne (Nei Dan) et se développe dans des écoles taoïstes.
L’alchimie externe ou interne réalise un retour en sens contraire (Ni ) vers l’état primordial, de l’évolution spontanée (Shun ) qui entraine la différenciation puis la mort. Alors que le processus naturel de l’humain est de la vie à la mort, l’alchimie interne taoïstes propose le processus inverse des Shen Xian (immortels): de la mort à la vie (éternelle). 
1.     Alchimie chinoise externe
L'alchimie externe Wai Dan, pratiquée en Chine sous la dynastie des Han (206 av. J.C.) - 220) se caractérise par l'observation approfondie, la recherche et la manipulation de tous les aspects possibles du monde extérieur. Elle a pour objectif principal la transmutation des substances externes pour le bien-être de l'individu. Pendant plusieurs milliers d'années, cette discipline a généré quantité de recherches sur les diverses propriétés des plantes, minéraux et corps divins, et sur les multiples interactions entre ces éléments et le corps humain. L'immense corpus de connaissances qui a pu être constitué à partir de ces recherches est considéré comme l'apogée des débuts de la médecine, la botanique, l'astrologie, l'astronomie, la chimie, la métallurgie et l'art de la guerre.
Ayant pris très tôt pour objectif principal la création de "pilules" de longue vie, l’alchimie taoïste est pratiquée en Chine dès les Han occidentaux par des membres des courants philosophique chinois qui constitueront le taoïsme, en même temps que d’autres techniques à but similaire : médecine, Dao Yin, respiration, pratiques sexuelles ou méditations. Elle fournit à cette pratique une grande partie de son langage métaphorique et au moins 1/5 des textes du Canon en traitent spécifiquement.
Le terme Jin Dan Shu (金丹術), « techniques de l’or et du cinabre », est l’appellation la plus répandue de l’alchimie externe Wai Dan (外丹).
Le terme chinois qui désigne l’alchimie signifie cinabre d’or ou élixir d’or (Jin Dan). Le cinabre est, en Chine notamment, l’ingrédient alchimique par excellence du fait de ses qualités naturelles et de leur valeur symbolique associée. C’est un minéral rouge, un sulfure de mercure, soit une combinaison de soufre et de mercure. Sous l’action de la chaleur, le cinabre se décompose en soufre et en vapeur mercurielle dont on récupère le mercure pur en la condensant. Ce métal blanc coulant comme de l’eau, très lourd et insaisissable comme le vent, est appelé vif argent. Sa très forte brillance reflète totalement la lumière, manifestation de la lumière pure du soleil. C’est cette brillance symbolique qui est au coeur de la recherche alchimique.
Dans l’alchimie taoïste deux métaux sont particulièrement importants et représentent un travail interne:
       le mercure est un métal liquide, symbolisant ainsi le "Xing" que l’on pourrait traduire par l’esprit ou la “psychologie”, l’esprit est furtif comme le mercure qui bouge. L’esprit qui s’échappe est représenté par un dragon qui s’envole et qu’il faut ramener en soi, dans son cœur/esprit.
       le plomb symbolise le "Ming" que l’on pourrait traduire par la vie, le corps, le système reproducteur ou la “physiologie”. Trop de sexualité nuit à la santé des reins et donc à la vie et au corps. La sexualité est représentée par un tigre qui nous mange la racine de la vie.
Les chinois anciens fonctionnent par images, on peut y voir une certaine pudeur, ramener et préserver le tigre et le dragon c’est un travail sur la sexualité et l’esprit, et amont cela reste essentiellement un travail spirituel sur les émotions et les désirs. 

L’alchimie externe vise à transformer en particulier le cinabre, que l’alchimiste raffine à de multiples reprises en vue d’élaborer un or alchimique ou simili or. Soit il fabrique avec cet or alchimique des ustensiles pour boire ou pour manger dont les propriétés de pureté, d’inaltérabilité lui confèrent l’immortalité ; soit il l’ingère directement sous la forme d’un élixir qui est sensé le rendre immortel sous certaines conditions.

Un lettré alchimiste fameux qui vécut à la charnière des IIIe et IVe siècles, Ge Hong (281-341 ?), exalte l’efficacité de cet élixir dans l’un de ses ouvrages, le Livre ésotérique du Maître-qui-embrasse-la simplicité (Bao pu Zi Nei Pian). Ce Maître-qui-embrasse-la-simplicité (Bao Pu Zi), comme il était surnommé, le célèbre comme unique breuvage dont l’ingestion produirait l’ascension céleste :

« Si vous prenez – dit-il –une once d’élixir d’or et d’eau mercurielle, et les buvez en faisant face au soleil, vous devenez immédiatement un homme d’or (Jin ren). Votre corps devient radiant et des plumes et des ailes y poussent ».

Toutes les étapes - transmission des textes et des instructions orales, construction du laboratoire, scellement du creuset, allumage et contrôle du feu, ingestion de l’élixir - sont encadrées par des règles concernant le lieu et le temps (Feng Shui et cycle sexagésimal) et par des rituels de purification ainsi que des invocations et des offrandes aux dieux. L’alchimiste doit en outre savoir se protéger contre les mauvais esprits et avoir les connaissances médicales nécessaires pour faire face aux accidents comme les morsures de serpent car selon le Ta Qing Jing, le laboratoire doit être idéalement construit dans un endroit isolé à proximité d’un cours d’eau. Seul l’alchimiste - éventuellement son assistant - peut y pénétrer, et il doit s’efforcer de ne pas être vu durant la période de travail. Les textes proviennent de l’Empereur Jaune, qui les a lui-même reçus de la Femme Obscure (Xuan Nü 玄女) ; un siège vide est préparé pour elle lors de la transmission des textes de maître à disciple. Les instructions orales (Kou Jue 口訣) qui les complètent sont prononcées avec une bouche rougie au sang ou au cinabre. Avant d'entamer le travail, des objets rituels en or, argent, soie ou coton sont jetés dans le cours d’eau et une libation est offerte à la terre. Les ingrédients alchimiques, qui peuvent comporter des herbes en plus des minerais, ne doivent pas faire l’objet d’un marchandage ni être acquis auprès d’un commerçant en deuil. Le creuset est scellé à l’aide d’une boue magique.
L’alchimie externe, qui manipule des gaz et métaux très toxiques, aurait fait six victimes parmi les empereurs Tang et encore plus chez les dignitaires - selon Zhao Yi (趙翼) des Qing - disparaît progressivement vers la fin de la dynastie des Tang (618 - 907) au profit de l’alchimie interne (Nei Dan) et se développe dans des écoles taoïstes.
2.     Alchimie chinoise interne 
S’éloignant de l’expérimentation chimique pour se concentrer sur la reproduction symbolique des évolutions cosmologiques, elle adopte bientôt les mêmes bases doctrinales que les courants spirituels : Yin-Yang, théorie des Cinq éléments, transmutations du dao etc.
Elle a pour base théorique le principe du dao engendrant les dix mille êtres et choses (Wan Wu 萬物), déduit de livres comme le Dao De Jing par les commentateurs.
L’alchimie interne, quant à elle, tout en empruntant sa terminologie à l’alchimie externe avec, entre autres minéraux, le cinabre comme matière symbolique essentielle, ne s’exerce pas sur des substances naturelles extérieures, mais sur les substances physiologiques à l’intérieur du corps – telles que l’essence séminale, les sécrétions organiques, et les énergies diverses –que l’adepte purifie à de multiples reprises, à l’aide de pratiques psychophysiologiques, afin de les transmuter en cinabre d’or symbolique –équivalent de la Pierre philosophale – en vue de devenir immortel.
 Par ailleurs, le corps humain remplace progressivement le creuset, et ses composantes (souffle, essence, esprit etc..) prennent la place des matières premières. L’alchimie externe Wai Dan (外丹) et ses élixirs souvent toxiques cèdent la place à l’alchimie interne Nei Dan (內丹) qui domine dès la fin des Tang. À partir des Tang, Le terme Jin Dan Shu désigne aussi les premiers courants d’alchimie interne Nei Dan (內丹).
Dans l’alchimie intérieure, les termes d’alchimie externe tels que chaudron et fourneau, cinabre, plomb, mercure, argent, or par exemple, désignent symboliquement soit des lieux du corps pour les premiers, soit des substances physiologiques pour les seconds.
L’alchimie interne taoïste présente le corps humain comme un chaudron et utilisant trois médicaments que l’on trouve à l’intérieur de son propre corps, les trois trésors: Jing (essence), Qi (énergie/souffle), Shen (esprit) qu’il faut travailler et raffiner pour en faire “un médicament qui rallonge la vie et empêche le vieillissement.”Le creuset reconstitue le chaos primordial Hun Dun (渾沌) ; en contrôlant l'opération, l'alchimiste reproduit en les condensant temporellement les étapes de la cosmogonie. Le produit obtenu se nomme « or » ou « élixir d’or », symbole de pureté et de stabilité, bien qu'il n’en soit typiquement pas. À partir des Tang, il est aussi nommé Huan Dan (還丹), « cinabre de retour [au primordial] ».
Le corps humain devient le creuset dans lequel le processus alchimique du retour à la nature primordiale peut se réaliser. L’objectif est de transmuter la matière en Lumière (l’or), dans le sens opposé à celui de la création qui densifie la Lumière en matière. Il s’agit donc, pour le pratiquant, de fusionner avec le vide primordial (Wu Ji).
Il emprunte pour ce faire le chemin d’éveil que l’on nomme Tao (la Voie), un processus au cours duquel il apprend à visiter intérieurement son corps, à dialoguer avec ses organes, à améliorer sa structure physique et énergétique pour que l’Energie Universelle se déverse en lui librement.
Il développe son ressenti, tandis que son mental l’aide à porter une attention concentrée sur le déroulement de sa pratique. L’équilibre des deux rend la pratique effective, et non imaginaire comme elle pourrait l’être si le mental la dirigeait seul ou si sa visualisation était dépourvue d’intention. C’est cet équilibre qui assure la progression et qui guide l’étudiant dans une juste direction.
Celui-ci apprend aussi à calmer l’agitation induite par ses émotions, en éliminant les mémoires et les comportements répétitifs liés à son passé et en transmutant les empreintes émotionnelles douloureuses en force vitale. Lorsque les émotions sont recyclées, on développe des qualités supérieures, comme l’altruisme, la compassion, la sérénité, … et l’on augmente le niveau vibratoire de son système énergétique.
Présent dans son centre, le méditant ressent son énergie personnelle, celle de la Nature, celle de l’Univers. Il établit une puissante connexion avec les énergies de la Terre (Yin, féminin) et avec celles du Ciel (Yang, masculin), qui émanent des étoiles, des planètes et des galaxies.
Dans la philosophie et les techniques de cette discipline, on distingue deux domaines d'étude : l'alchimie externe et l'alchimie interne.
L'alchimie interne comprend l'exploration, la recherche et l'expérimentation approfondies et systématiques de tous les aspects du corps humains. Elle a pour objectif principal la transmutation des substances internes (les tissus, l'énergie, l'émotion, et la conscience) pour le bienfait de l'individu.
L'alchimie interne taoïste propose ainsi d'activer les capacités naturelles d'autoguérison du corps dans un premier temps, puis de réveiller les capacités extra-sensorielles dans un deuxième temps. 
Le travail spirituel et physique de l’alchimie interne taoïste est un travail de raffinement des trois trésors du corps: le Jing (essence), le Qi  (souffle/énergie) et le Shen (esprit), par des techniques secrètes de méditations, de respirations et de l’esprit transmises traditionnellement par une relation de maître à disciple.
Bien qu'il soit principalement ingéré, il peut aussi être conservé comme talisman. Dans l’alchimie interne, ce sont les trois composantes de l’humain, esprit, souffle et essence (Shen Qi Jing ) qui retournent en sens contraire grâce à l’ascèse en yin et yang, puis en élixir interne primordial.
Origine et Histoire de l'alchimie
Même si l’alchimie interne se dit taoïste, Lao Zi, le fondateur du taoïsme, ne parle jamais d’alchimie interne taoïstes ni même d’immortels. Certains pensent que l’alchimie interne taoïstes provient de Lao Zi sans que ce dernier utilise ces termes, d’autres pensent que l’alchimie interne taoïstes aurait existé bien avant Lao Zi.
Une histoire issue de la mythologie chinoise donne la première source écrite sur de la pilule d’immortalité: il y a 2400 ans avant J.C., Chang E, femme de l’archer Hou Yi, vola un pilule d’immortalité à la Reine Mère de l’Ouest (une déesse taoïste) et s’échappa dans la lune où elle n’en reviendra plus pour devenir la déesse de la lune.
Les premières techniques alchimiques sont mentionnées dès le IIe siècle av. J.-C. dans des ouvrages comme le Huainanzi de la dynastie des Han Occidentaux (206 avant J.C. - 24 après J.C.) sous le terme de Huang Bai Shu (黄白術) « techniques du jaune et du blanc », couleurs désignant l’or et l’argent - ou leurs substituts. Le cinabre prend bientôt une grande importance, au moins symbolique, dans la fabrication des pilules ou élixirs de longue vie. Cette opération est nommée Lian Dan Shu (煉丹術) « techniques de raffinement du cinabre », ou parfois Xian Dan Shu (仙丹術) «techniques du cinabre d’immortalité ».
L’alchimie intérieure s’épanouit particulièrement sous la dynastie des Tang (618-907) et connaît son apogée sous les Song (960-1279). À partir des Song, le terme Dan Ding Pai (丹鼎派) « cinabre et creuset » est également employé pour désigner l’alchimie en général.. Ainsi, Li Shao Jun (李少君), Fang Shi au service de Wu Di des Han, est un alchimiste.
Les manuels proprement dits datent du IIIe siècle ap. J.-C. La Grande Pureté (Tai Qing Jing 太清經 ou 太清金液神氣經) attribué à Yin Chang Sheng (陰長生) et ses dérivés présentent des recettes sans élaboration doctrinale. L’opération principale y est l’extraction du mercure considéré comme yin à partir du cinabre yang, puis son mélange à du soufre yang. L’opération est répétée sept ou neuf fois et l’élixir obtenu est considéré comme le yang pur (Chun Yang 純陽), concrétisation de l’unité absolue et élixir magique. Deux autres textes importants sont Les Neuf Creusets de Huangdi (Huangdi Jiu Ding Shen Dan jing 黃帝九鼎神丹經), attribué sans fondement à Zhang Ling, et le Bao Pu Zi (抱朴子) de Ge Hong, héritier de la tradition du mont Luo Fu par son beau-père et des textes précédemment cités par son maitre Zheng Yin.
Aux Ve-VIe siècles, Tao Hong jing, cofondateur du courant Shang qing, pratique l’alchimie en même temps que de nombreuses autres techniques dont la méditation, la médecine et les pratiques sexuelles. Il réunit de nombreuses recettes dans le Ben cao ji zhu (本草集註). Son courant s’appuie aussi sur le Huangting jing (黃庭經) qui décrit des techniques de gymnastique ou de méditation préfigurant l’alchimie interne.
À partir des Tang, le Zhou Yi Can Tong qi (周易參同契) attribué à l’alchimiste Wei Bo Yang (魏伯陽) des Han orientaux - mais vraisemblablement plus tardif dans sa version actuelle – prend une place importante. Ouvrage essentiellement théorique sur la non dualité du dao employant le langage alchimique comme métaphore, il fait l’objet de nombreux commentaires cosmologiques et devient un grand ouvrage de référence. Le Zhou Yi Can Tong Qi utilise le Zhou Yi (ou Yi JingClassique des Changements) pour expliquer l’alchimie taoïste, il présente littéralement l’alchimie externe avec son langage spécifique ses gaz et métaux cependant il symbolise aussi l’alchimie interne par analogie. sinologue Pierre Marsone note que l’un des classiques les plus anciens revendiqués par le courant de l’alchimie intérieure (La Concordance des trois [éléments] dans le Livre des mutations des Zhou (Zhouyi Can Tong Qi) de Wei Po Yang (époque du roi Huan des Han (147-167))« est traditionnellement considéré comme un ouvrage de la fin des Han »(Marsone, Wang Chong Yang (1113-1170) et la fondation du Quan Zhen, 294), c’est-à-dire du IIe siècle après notre ère.
Après leZhou Yi Can Tong Qi , on trouve la première trace écrite du terme “Nei Dan” qui veut dire littéralement le “cinabre intérieur" pour désigner l'alchimie interne dans le livre Ling Jian Zi de Xu Sun (239374) à la dynastie des Jin Orientaux, le “Dan Tian” était appelé autrefois Xing Qi (circulation du Qi) ou Dao Yin (conduite).
Le médecin Sun Simiao (孫思邈) (581-673?) rassemble de nombreuses recettes dans L’Essentiel de la Grande Pureté (Tai Qing Dan Jing Yao Jue 太清丹經要訣).
Chen Shao Wei (陳少微), auteur du Xiu Fu Ling Sha Miao Jue (修伏靈砂妙訣) et du Jiu Huan Jin Ddan Miao jue (九還金丹妙訣), crée un élixir appelé Jin Yi (金液) ou Huan Dan (還丹) à partir de cinabre raffiné, qui connaît un grand succès. Le couple yin-yang mercure-soufre est plus souvent remplacé par le couple plomb raffiné-mercure. Des ouvrages insistent d’ailleurs sur le fait que la nature des ingrédients de base est moins importante que l’action des Cinq éléments. 
Beaucoup d’alchimistes des Tang, comme Zhang Guo (張果), auteur du Yu Dong Da Shen Dan Sha zhen Yao Jue (玉洞大神丹砂真要訣), ou Lü Dong Bin, seront revendiqués comme fondateurs par les courants d’alchimie interne à partir du XIe siècle et intégrés au groupe des huit immortels. Parmi les textes importants de la période, on compte aussi le Yin Fu jing (陰符經) et le Qing Jing jing (清靜經) attribué sans grande vraisemblance à Ge Xuan.
Les 3 premiers grands alchimistes taoïstes sont Ge Hong (284-364), Tao Hong Jing (456-536) et Chen Tuan (871—989).  
Les alchimistes exercent longtemps indépendamment ou en petits groupes maitre-disciples sans constituer de grandes écoles. Des courants centrés sur l’alchimie interne apparaissent sous les Tang L'alchimie interne domine à partir des Jin/Song avec l’apparition de Jin Dan Pai Bei Zong (金丹派北宗) ou Quan Zhen, l’un des plus importants courants du taoïsme du XIIe siècle jusqu’à nos jours.       Le regroupement a posteriori d’alchimistes indépendants du Sud se constitue à son imitation un siècle plus tard dans une École du Sud Jin Dan Pai Nan Zong (金丹派南宗) ou Quan Zhen Nan Zong (全真南宗). L’opération alchimique de fabrication de l’élixir de longue vie est désormais réalisée entièrement dans le corps du pratiquant grâce au Dao Yin, régimes et méditations mettant en jeu les trois composantes de l’humain : l’esprit shen (), l’essence jing () et le souffle qi (). Jin Dan Pai Bei Zong (金丹派北宗) et Jin Dan Pai Nan Zong (金丹派南宗) sont les deux grands courants d’alchimie interne, dits « du Nord » et « du Sud ».
Rompant avec la tradition individualiste des alchimistes, ces écoles obtiennent le soutien des autorités en soutenant le syncrétisme entre les Trois enseignements (Taoïsme, Confucianisme, Bouddhisme) et en proposant, outre l'ascèse individuelle, une gamme de services comprenant des rituels destinés à la cour et des enseignements moraux. Les auteurs principaux de l’époque sont les alchimistes du Sud Shi Tai (石泰) (Huan Yuan Pian 還源篇), Xue Shi (薛式) (Fu Ming Pian 覆命篇), Chen Nan (陳楠) ou Bai Yu Chan (白玉蟾) (auteurs possibles du Cuixupian 翠虛篇), Chen Zhixu (陳致虛), Zhang Bo Duan (Wuzhenpian 悟真篇 et Jindan Si Bai Zi 金丹四百字) ainsi que Wang Chong Yang, fondateur de Quan Zhen (écrits).
Wang Chong Yang et un de ses 7 disciples Qiu Chu ji (1148 - 1227), fondateur de l’école du Dragon (une subdivision de l’école Quan Zhen), représentent l’école du nord qui propose de travailler d’abord le Xing (esprit ou “psychologie”) et ensuite le Ming (la vie ou “physiologie”): 3 dixième de Ming et 7 dixième de Xing. Wang Chong Yang a établi son école Quan Zhen sur la base de l’union des trois sagesses chinoises: Taoïsme, Confucianisme et Bouddhisme, là aussi on retrouve l'importance du chiffre trois pour exprimer l’idée de complétude et de stabilité. L’école Quan Zhen propose l’alchimie interne taoïste et le célibat.
Zhang Bo Duan, de la dynastie des Song du Nord (960 - 1127), représente l’école du Sud qui propose de d’abord travailler le Ming puis le Xing, il pense que “si le Ming (corps) n’existe pas, est ce que le Xing (esprit) peut exister?” Zhang Bo Duan est l'auteur du célèbre livre sur l'alchimie interne taoïste: Wu Zhen Pian. De part ses nombreux poèmes sur le Bouddhisme Chan, beaucoup se demandent si Zhang Bo Duan est taoïste ou bouddhiste.
Même s’il y a une divergence entre eux sur le Xing et le Ming, tous deux proposent un travail spirituel et physique pour devenir un Shen Xian (immortel) et monter aux cieux, de plus leurs enseignements sont basés sur l’union des trois sagesses chinoises, ce qui montrent la tolérance et le pacifisme de ces deux écoles taoïstes.
Il y a aussi à la dynastie des Ming Lu Qian Xu de l’école de l’Est, à la dynastie des Qing Liu Han Xu de l’école de l’ouest, à la dynastie des Yuan Li Dao Chun de l’école du milieu, mais aussi d’autres écoles comme San Feng, Qing Cheng, Zi Ran Fa (technique naturelle), Wu Wei Fa (technique du non-agir) etc.
L'un des derniers « alchimistes » influents est Liu Yi Ming (劉一明) (1734-1821), auteur du Wu Zhen Zhi Zhi, pour qui l’élixir d’or est la nature primordiale ou graine d’immortalité spirituelle présente en chacun, semblable à la nature de bouddha du mahayana. Influencé par le bouddhisme, il considère que la « vertu supérieure » (Shang De 上德) est la capacité de réaliser immédiatement la « vérité céleste » (Tian Zhen 天真) et que la réalisation du dao grâce à l’alchimie interne est une « vertu inférieure » (Xia De 下德) qui peut néanmoins être une étape préliminaire à l’atteinte de la vérité céleste.
Alchimie sexuelle taoïste
En ce qui concerne l'alchimie sexuelle taoïste, c'est une des plus secrètes parties de l'alchimie taoïste, mais qui n'est enseignée qu'à  des disciples avancés, de confiance et de bonne moralité, pas dans des stages ou des livres, car certaines techniques permettent le vampirisme sexuelle (absorber l'énergie de sa partenaire en la vidant de son essence).
Lire aussi :
Élixir externe (Wài Dān, 外丹) et interne (Nèi Dān, 内丹)dans la pratique du Qi Gong
Les grandes étapes de l'alchimie interne
 



































































































































 











 





























2 commentaires:

  1. Voici quelques livres rares sur la Alchimie chinoise interne à télécharger:
    https://drive.google.com/drive/folders/1VrKJSNauyvC9CyeX-jPv9UnJ-kEUZVeR
    Sanyuan, Practique Taoiste Feminine, Taishang Laojun Qingjingjing Tuzhu,
    Qiuzu Michuan Dadan Zhizhi, etc.
    J’espère que vous les aimez!

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  2. That is so great resource! Merci!

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