jeudi 22 septembre 2016

Le Ba Gua (Bā Guà 八卦)

Parallèlement au système des cinq éléments, existe un autre système,  qui lui est complémentaire. C'est celui du Bā Guà 八卦ou "huit trigrammes".
Les trigrammes sont des éléments issu de la cosmogonie et leurs champs d'application sont très variés. C'est un concept philosophique fondamental de la Chine ancienne utilisé dans le Taoïsme et le Yi Jing, mais aussi dans d'autres domaines de la culture chinoise tels que le Feng Shui, les arts martiaux, la médecine chinoise.

Origine spirituelle du Bā Guà

Au fil du temps, émergea une possible origine du  bagua comme une tradition spirituelle, qui impliquait un temple taoïste du Sud de la Chine, La Porte du Dragon, dans la province du JIANXI.  Les moines y pratiquaient le Mudra à une main depuis 1500 ans.  Ils ne pratiquaient pas le Bā Guà comme un art martial, mais uniquement comme un exercice de Nei Gong,  un exercice énergétique interne et une  pratique spirituelle. Ce monastère possédait aussi  des exercices codifiés de Ba Gua en provenance de la province du ShanXi dans le nord de la Chine. Dans le Shanxi, d'autres documents révélaient que le  bagua provenait des montagnes de Kunlun, qui sont au nord de l'Himalaya. Ces documents ont malheureusement été détruits pendant la révolution culturelle.
Le Cercle de Bagua Zhang, développé, par les moines il y a quelque 4000 ans, avait quatre objectifs intimement liés:
·         Pour générer un corps sain, exempt de maladie avec une relaxation du système nerveux et une grande résistance, dont les moines avaient besoin pour le travail quotidien et la méditation prolongée.


·         Pour atteindre la tranquillité impassible de l'esprit.
·         Pour développer et maintenir l'équilibre interne, lorsque le monde intérieur du moine ou les événements du monde extérieur étaient en train de changer.
·         Pour réaliser le Tao 

Etymologie de Bā Guà

Dans les temps anciens, le Bā Guà 八卦 (les huit trigrammes) était le symbole utilisé pour observer les mouvements du soleil et de la lune.
Lorsque nous examinons les anciens caractères chinois utilisés pour signifier Ba Gua (les huit structures énergétiques taoïstes de l'univers),
·         le caractère se traduit par « huit ». 8 est le nombre de l'Homme, dialectique du 7, nombre de la Femme. Dans l'Ecriture de l'Oracle des Os, il s'illustre sous la forme d'une division. Le caractère apparaît comme deux traits de démarcation. Dans le chinois classique, Huit signifie séparation ou séparer. Selon la philosophie du Yi Jing, la séparation est un moyen de changement, parce que, au plus profond de ce concept, apparaît l'idée de coopération pour la prochaine étape de la création. Cependant, tout en contenant le sens de séparation, le chiffre Huit comprend également l'idée de coopération et d'ordre qui, à sont tour, engendre la création. Cette coopération ordonnée est démontrée par la science moderne qui a dressé une carte de la division cellulaire au cours de sa progression d'une cellule à deux cellules, de deux cellules à quatre cellules et de quatre cellules à huit cellules.
·         et le caractère Guà par « trigramme, divination ». Gua est composé de deux idéogrammes :
-     sur la droite, le radical « observer, prédire, prévoir». Ce sont les craquelures sur les carapaces de tortues et signifie ce qui est d’origine divine
-     et, sur la gauche, le radical Guī , signifiant « monticule de terre », qui était utilisé, dans les temps reculés, pour mesurer les ombres et établir les anciens calendriers (la forme ancestrale chinoise du cadran solaire) et tablette de jade.
Les deux caractères associés forment le terme Ba Gua que l'on traduit par «huit trigrammes ». Ce terme fait référence à l'une des deux façons d'organiser les huit trigrammes et est considéré comme le modèle des lois fondamentales de tous les mouvements et mutations  énergétiques





Du Si Xiang au Bā Guà

Le Bā Guà est  construit à partir du concept premier du yin et du yang.
Dans la philosophie taoïste, toute chose est le résultat de l'interdépendance du Yin et du Yang. C'est le principe d'unité dans la dualité qui a donné naissance au fameux symbole où le Yin est représenté en noir et le Yang en blanc, les deux principes s'engendrant mutuellement dans un mouvement circulaire où rien n'est jamais complètement Yin ni complètement Yang (comme le montre le point blanc dans la moitié noire et le rond noir dans la moitié blanche).
Le yin et le yang ne sont pas suffisants pour décrire toutes les choses de l’univers d’une façon qui soit utile pour comprendre et agir, pour modéliser l’interaction de l’homme et de la matière, des évènements. C’est la raison pour laquelle d’autres concepts sont nécessaires, comme les cinq éléments, les douze phases ou les trigrammes.

Les mutations ont un faîte suprême, qui donne naissance aux deux aspects qui engendrent eux-mêmes les quatre figures, qui donnent elles-mêmes naissance aux huit trigrammes , qui déterminent le favorable et le défavorable, qui donnent naissance aux événements humains. – Commentaire du Yi Jing
Au coeur de la philosophie taoïste réside un concept essentiel, celui du changement perpétuel de la vie, alternance du Yin (trait brisé) et du Yang (trait plein). Cette vision, fruit d’une longue observation par les sages de l’Antiquité, leur a permis de découvrir 8 archétypes à l’oeuvre dans la Nature, huit forces énergétiques  de la nature.
traduction en français
無極生太極,
wújí shēng tàijí
Le Néant (Wuji) engendre l'Absolu (Taiji)
太極生兩儀 (即陰陽);





tàijí shēng liǎng yí (jí yīn yáng);
Le Taiji engendre deux formes, (c-à-d le Yin et le Yang)
兩儀生四象(即少陽、太陽、少陰、太陰);
liǎng yí shēng sì xiàng (jí shàoyáng, tàiyáng, shàoyīn, tàiyīn),
Les deux formes engendrent quatre phénomènes
{c-à-d petit yang, grand yang (Taiyang signifie aussi le
soleil), petit yin, grand yin (Taiyin signifie aussi la lune)}.
四像生八卦 (八八六十四卦).
sì xiàng shēng bāguà, (bābā liùshísì guà).
Les quatre phénomènes engendrent les huit trigrammes, (huit fois huit font soixante-quatre hexagrammes).

Une fois divisées, ces  4 phases de l'énergie universelle :Grand Yang (Tai Yang  ) , Petit Yang (Shao Yang  ), Petit Yin (Shao Yin ), Grand Yin (Tai Yin ), qui, une fois divisées en deux, se manifestent par huit actions énergétiques de la nature connues également sous le nom de ba gua (八卦) avec la création des huit trigrammes.
Les trigrammes caractérisent tous les états possibles des transformations prénatales et postnatales quand on associe trois composants qui peuvent chacun être yin ou yang. Ces huit trigrammes définissent tout ce qui existe dans notre monde tangible et intangible et constituent les fondements énergétiques des transformations prénatales et postnatales. Ce sont le Ciel, le Tonnerre, l'Eau, la Montagne, la Terre, le Vent, le Feu et le Lac.
Le concept de Bagua est utilisé dans la cosmologie chinoise traditionnelle pour représenter les principes fondamentaux et interdépendants agissant dans l'Univers.
 
Chaque bigramme se subdivise en deux trigrammes
Les Quatre figures (四象, Sì Xiàng) engendrent à leur tour les Huit Trigrammes (Bagua).
Quatre d'entre eux sont obtenus en ajoutant une ligne Yin sous chacun des quatre Xiang. Ce sont Kun (Terre) ☷  Gen (Montagne) Kan (Eau)  Xun (Vent) .
Les quatre autres sont obtenus en ajoutant une ligne Yang sous chacun des quatre Xiang. Ce sont Zhen (tonnerre)  li (Feu)   Dui (Lac)  Qian (Montagne)

 


Les trois traits yin ou yang associés ensemble pour former les huit trigrammes possibles fournissent donc un outil capable de décrire finement toutes les choses. C’est pourquoi associé à chaque trigramme, on retrouve de longues listes de caractéristiques comme une direction, un élément, une saveur, une partie du corps, une couleur, un son, une caractéristique sociale, un rang dans la famille, un méridien de médecine chinoise...

 
Quand le monde commença, il y avait le Ciel Qian et la Terre Kun. Ensemble, ils donnèrent naissance à tout ce qui existe sur terre. 
Les  deux modèles du Ba gua

Dans la Chine ancienne, le mouvement du Ciel, de la Terre et de tous les organismes vivants a été dépeinte par le biais de deux ordres de présentation des huit trigrammes, celui appelé « Succession du ciel antérieur », et celui appelé « Succession du ciel postérieur ».
Ces deux formations de Bagua étaient considérés comme des modèles pour les lois fondamentales de tous les mouvements énergiques et transformations.
Les mouvements du Ciel, de la Terre et de toutes les créatures vivantes étaient décrits par deux images des huit trigrammes (Bagua)  :
·         le premier Ba Gua (prénatal) du Ciel de Fu Xi, manifestant la « nature » énergétique des choses,
·         et le dernier Ba Gua (postnatal) du Ciel du roi Wen, décrivant la création de tous les phénomènes.
Le Ba Gua prénatal reflète l'énergie innée nécessaire à la création par l'interaction des forces de polarité. La disposition du Ba Gua postnatal reflète un mouvement cyclique auto-généré.  Ces positions du Ciel postnatal sont fixes pour représenter la Voie de l'univers et les concepts de temps et d'espace.
 Selon l'ancienne cosmologie chinoises, les orbites des planètes forment un cercle de 360 degrés. En divisant l'orbite par huit, nous obtenons des segments de 45 degrés. Chacun de ces segments représente une partie du Qi Universel, indiquant le temps et l'espace. Une année d'énergie coïncidant avec l'orbite planétaire se divise en ces huit parties et est appelée Ba Jie.
Le Ba Gua est agencé en différentielles de directions : nord, sud, est, ouest, nord-est, Sud-est, Sud-ouest et Nord-Ouest.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire