jeudi 9 novembre 2017

Les organes internes dans la médecine chinoise traditionnelle Zàng Fǔ 脏腑


Le terme générique 脏腑, zàng fǔ  désigne l’ensemble des organes et entrailles du corps humain. La théorie des organes est souvent présentée comme le coeur de la théorie médicale chinoise, parce que c'est elle qui illustre le mieux la façon dont la médecine chinoise considère le corps, c'est-à-dire comme un tout indissociable.

La théorie des Zang Fu est une des théories fondamentales de la Médecine Chinoise. Aussi il est indispensable de bien la connaître. Ce n’est qu’en connaissant les différentes caractéristiques de chaque organe, qu’on peut établir quelle dysfonction il subit, et le cas échéant, établir un diagnostic, et préciser le syndrome qui s’appliquera au cas rencontré.

L'agrégation du Qi en matière dense forme les organes internes, alors que la dispersion du Qi en formes plus subtiles constitue les aspects émotionnels, mentaux et spirituels; Chaque organe ne se résume pas à une seule entité anatomique, mais c'est un tourbillon énergétique qui se présente sous différentes formes d'agrégation aux différentes sphères de la vie.
Chaque organe doit être pris au sens « chinois » : En effet, la médecine occidentale envisage chaque organe sous son aspect organique et anatomique exclusivement, alors que pour la médecine chinoise chaque organe est considéré comme un système complexe intégrant sa réalité anatomique mais également les tissus, les organes des sens, les facultés mentales, les émotions, la couleur, le climat, qui s’y rattachent, et bien d’avantage. Ainsi, en médecine occidentale, le Foie joue un grand nombre de rôles, mais on pourrait difficilement lui attribuer le rôle de stockage de Sang.
Par ailleurs, lorsqu’on parle de dysfonction de la Rate, on ne parle pas de problème immunologique (ce qui pourrait être une approche occidentale), mais d’une dysfonction du « système Rate », qui peut se traduire par des troubles digestifs, de fatigue, ou de gestion de l’humidité.
Il est souvent dit que la médecine chinoise ignore complètement l'anatomie et ne s'attache qu'aux relations fonctionnelles, ceci n'étant pas tout à fait juste. S'il est vrai que les Chinois excellent dans les observations fines et détaillées de relations fonctionnelles complexes, ils n'en négligent pas pour autant l’étude de l'anatomie. 
Bon nombre de chapitres du Classique de l'Empereur Jaune ou du Classique des Difficultés décrivent l'anatomie des organes, des muscles et des os. 
Les organes sont fonctionnellement associés à des substances vitales, des émotions, des organes variés, dont les principaux aspects interrelationnels sont présentés ci-dessous.

Les anciennes représentations anatomiques
Dans la Chine ancienne, divers graphiques anatomiques médicaux étaient utilisés par le médecin lors de la pratique clinique. On estime que le plus ancien de ces tableaux détaillés remonte à la dynastie Han ( 206 av; J.-C.-220 ap. J.-C). A partir de cette époque, les manuels de médecine interne ont décrit le corps humain selon deux méthodes les distinctes.


La première présentait de sérieuses analogies avec l'anatomie occidentale, notamment en ce qui concerne les organes internes dépeints comme possédant un volume, une forme et une fonction sur :des illustrations traditionnellement appelées "planches des lumières intérieures » ou de "planches  pour visualiser ceux qui sont authentiques.

Les planches les plus :anciennes montraient les « réservoirs d'énergie" des organes internes, ainsi que leur « présence énergétique » à laquelle on se référait sous le nom de « ce qui est radieux » et que l'on pensait résider à l'intérieur même de l'organe. Les organes internes et leurs systèmes respectifs étaient parfois connus sous d'« orbes » ou de « sphères d'influence".

La seconde méthode courante pour illustrer l'anatomie humaine s'appuyait sur des planches similaires à des cartes qui montraient les voies empruntées par les fluides corporels, :les artères et les méridiens énergétiques. On les appelait traditionnellement « planches des Lumière » et elles représentaient les «rivières d'énergie » du corps. Ce sont les ancêtres des planches d'acupuncture actuelles. Les médecins de la Chine ancienne s'intéressaient de près à la circulation et au mouvement de l'énergie et des fluides dans l'ensemble du corps, plutôt qu'aux fonctions physiques de chaque organe interne.


Les systèmes des organes Yin (Zang) et des organes Yang (Fu) étaient considérés comme des « officiels », chacun étant chargé de devoirs spécifiques dans le gouvernement du corps humain. En définissant les organes Zang Fu, le caractère chinois Zang peut se traduire par « viscères » ou « organes»", et le caractère Fu par « archives », « trésorerie », « entrepôt » ou « palais ».

Dans les temps anciens, chaque organe Zang Fu correspondait à un lieu où les « archives humaines », sous la forme d'émotions, de pensées et d'expériences étaient entreposées. On pensait qu'il existait des équivalents célestes de ces douze organes internes localisés dans les douze esprits établis dans la constellation de la Grande Ourse. Le rôle de ces douze esprits consistait à superviser la santé et la destinée de l'individu et à le guider vers la culture de la vertu.

Les cinq vertus (ou les Cinq Agents) des organes Zang (gentillesse, ordre, confiance, intégrité et sagesse) influencent l'individu par l'intermédiaire de la perception spirituelle des trois Hun et du Tao. En agissant comme réceptacle du Tao, l'individu est en mesure d'apporter au monde le Cœur du Ciel, remplissant ainsi sa destinée.

Pour comprendre les caractéristiques fondamentales de chaque organe interne et méridien énergétique, ainsi que leurs interactions complexes, il faut d'abord connaître précisément l'anatomie et la physiologie au niveau énergétique. 
C'est indispensable pour apprendre à établir le diagnostic différentiel essentiel pour la classification des divers symptômes en des schémas significatifs (et médicalement utiles) de disharmonie. Cette capacité de classifier les divers symptômes permet au praticien de Qi Gong de reconnaître et de traiter les pathologies spécifiques aux organes et aux méridiens.

Anatomie énergétique
Les historiens prétendent que, dans la Chine ancestrale, on pratiquait déjà des autopsies (dynastie Zhou, 1028-221 av. J.-C), ce qui permettait aux physiciens de mieux appréhender l'anatomie des tissus corporels humains et des causes de la mort, et de pouvoir étudier la formation et les structures internes du corps humain en mesurant et enregistrant initialement la taille et le poids de l'ensemble des organes internes. Mais, plusieurs centaines d'années plus tard, au cours des dynasties suivantes, elles furent interdites en raison des croyances confucianistes.

De nombreuses archives littéraires chinoises décrivent des dissections. On y apprend ainsi qu'au cours de la dynastie Han (206 av. J.-C.-220 ap. J.-C), l'empereur Wang Mang ordonna aux physiciens de sa cour de disséquer le corps d'un révolutionnaire sur lequel on effectua des mesures des organes, des intestins et des vaisseaux internes en insérant de fines brindilles de bambou dans le corps disséqué.
Le Huang di Nei jing (Canon interne de l'Empereur jaune) contient des détails sur la dissection post-mortem et se réfère aux processus standard utilisés pour les autopsies. Le Nei Jing Ling Shu affirme que "à la mort, une étude basée sur la dissection peut être effectuée afin d'examiner, de révéler et de dévoiler la condition des organes internes. D'excellentes mesures standard sont utilisées pour déterminer la force ou la fragilité des viscères, la dimension des intestins et le contenu du système digestif. La longueur des vaisseaux peut être mesurée, le Sang examiné pouvant être clair ou trouble et ici observé pouvant être en abondance ou rare".
Physiologie énergétique
Dans la science médicale chinoise, l'étude  de la physiologie énergétique est appelé « Zhang Xiang Xue Shou » (littéralement "la théorie des phénomènes des organe internes" ). « Phénomènes » signifie, dans ce contexte, les manifestations visibles externes.  Tous les organes internes principaux ayant été déjà identifiés par les autopsies passé, les physiciens chinois donnaient peu  d'importance à la structure physique des organes internes, préférant plutôt s'intéresser à leur fonction énergétique respective. Tandis que l'anatomie et la physiologie occidentales sont essentiellement concernées par le corps physique sous ses formes les plus concrètes (étudiant les structures des principaux organes et des systèmes corporels, etc.). 1'anatomie et la physiologie énergétiques se concentrent principalement sur les schéma ; sous-jacents d'énergie qui animent et alimentent la forme physique.
Pendant leur diagnostic médical, les anciens physiciens chinois constatèrent que l'ensemble des organes du corps reflétaient les conditions de l'affection liées aux troubles fonctionnels résultant de facteurs pathogènes. Les atteintes de la fonction énergétique de tout système organique se manifestaient médicalement par divers symptômes physiologiques et psychologiques.
Dans la médecine traditionnelle,  Le mot « Viscères » est employé habituellement comme terme générique pour désigner l'ensemble des Organes et Entrailles qui sont eux-mêmes divisés en trois catégories :
· les cinq organes yin appelé Zang Cœur, Maître du coeurRatePoumonFoie et Reins

·  les six Entrailles yang appelé Fu : Vésicule biliaire, Estomac, Intestin grêle, Gros intestin, Vessie et Triple Réchauffeur


·   et les Six Organes Extraordinaires (Cerveau, Moelles, Os, Vaisseaux, Vésicule biliaire (La Vésicule biliaire relève de deux catégories ) et Utérus .

1. Les cinq organes (Wu Zang).
Il s'agit des organes Yin : le Foie, le Cœur, la Rate, les Poumons et les Reins. Leur fonction consiste à préserver les substances vitales du corps (Jing, Qi, Shen, Sang, Moelle et Fluides corporels) dont le rôle est essentiel à la distribution et à l'évacuation des nutriments. Chacun des cinq organes est capable de produire, transformer, de contenir et de stocker une substance affinée spécifique (Qi, le Xue, les Jin Ye, le Jing acquis et le Jing inné, le Shen), connue sous le nom de Jing Shen (esprit-essence) du corps.

Le chapitre 11 des Questions simples dit : «Les 5 magasins sont appelés ainsi parce qu’ils stockent l’essence   mais n’ont pas d’élimination. Pleins, ils ne peuvent être remplis».

 Chaque organe interne possède son esprit-essence unique connu collectivement sous le nom de Wu Jing Shen/ Wǔ Jīng Shén 五精神  les «Cinq Esprits» des organes ou «Cinq âmes des organes»
Il est important de préciser que la MTC contemporaine ne considère que cinq organes Yin ou viscères (Zang Fu). Xin Bao, le «Maître du Coeur», l’ « Enveloppe du Coeur », a été ajouté postérieurement. Le Péricarde ou Maître du coeur , parfois considéré comme le sixième viscère Yin, n'est pas en fait reconnu comme un organe Yin indépendant mais plutôt comme un couvercle protecteur du Cœur.
L'idéogramme chinois pour Zang / Zàng est composé de deux caractères:
-     Ji/Jī , situé à gauche, représente l'idéogramme signifiant « tissu corporel », « muscle » ou « chair » (tous étant des formes de tissu connectif).
-     Le caractère à droite peut se traduire par « assembler », « dissimuler », « tenir », « amasser » et « cacher dans un endroit sûr » (tel un trésor). Ces deux caractères associés indiquent que les organes yin sont responsables du stockage des substances vitales (Jing, Qi, Shen, Sang et Fluides corporels). Ils ne stockent que des substances pures et raffinées qu'ils reçoivent des entrailles Yang, après que la nourriture ait été transformée.

2. Les six entrailles (Liu Fu)
Ces entrailles Yang sont la Vésicule biliaire, l'Intestin grêle, l'Estomac, le Gros Intestin, la Vessie et le Triple Réchauffeur. Leur fonction consiste à transmettre et à digérer les aliments et les liquides, ainsi qu'à éliminer les déchets du corps.

Il y a longtemps, les Chinois considéraient le Triple Réchauffeur comme un organe creux Yang (Fu), situé dans le torse, qui contenait les vapeurs du corps (le Qi et le Shen), les fluides (Jing, Sang, Moelle, Jin et Yé) et les « Feux » (Cœur-Feu, Feu du Ming Men et Vessie-Feu). Dans la médecine occidentale, on ne lui trouve pas d'équivalence.
• L'idéogramme chinois pour Fu / Fǔ腑 est composé de deux caractères :
-     à gauche, déjà vu au point précédent, associé à un caractère,
-     à droite, qui peut se traduire par « un entrepôt pour des objets précieux », « un trésor », « un palais », « un château » ou « un officier ». 
Le tout représente les entrailles ou intestins du corps comme des organes de la trésorerie contenue dans la chair. Dans la Chine ancienne, le concept d'entrepôt ou de trésorerie lié à un stockage à court terme, car les articles sortaient et entraient constamment
Ainsi, les organes Yang sont responsables de la transformation des aliments et des boissons en vue de la production du Qi et du Sang, tout comme le gouvernement dans la Chine ancienne était supposé être responsable de la distribution de la nourriture.
Les viscères Yang, au contraire, ne stockent pas mais se remplissent et se vident constamment. Ils reçoivent, digèrent, transforment et raffinent les aliments et les boissons et en extraient les fractions pures, qui sont alors stockées par les viscères Yin.
Outre ce processus de transformation, les entrailles Yang excrètent aussi les déchets. L'essence des viscères Yang est donc de "recevoir", de "faire circuler", de "transformer", de "digérer" et "d'excréter". Les fonctions des viscères Yang sont souvent résumées par ces deux mots Chuan et Xing, qui signifient respectivement "transmettre" et "faire circuler", parce qu’ils reçoivent, transmettent, font circuler et excrètent les substances constamment. C'est peut être à cause de ces mouvements incessants d'entrée et de sortie que les viscères Yang sont également comparés à un bureau du gouvernement où les gens entrent et sortent sans arrêt, comme le mot "Fu" l'exprime.
Au Chapitre 9 des Questions Simples, on lit : "L'Estomac, l'intestin Grêle, le Gros Intestin, le Triple Réchauffeur et la Vessie sont les racines du stockage de la nourriture. Ils sont la résidence du Qi Nourricier, on les appelle des récipients, ils transforment les substances impures et transmettent les saveurs qui entrent et qui sortent".
S. W. 11 dit : « Les 5 entrailles naissent du souffle céleste : Estomac, 2 Intestins, Triple Réchauffeur et Vessie… On les appelle réceptacles de transit et d’élaboration. Ils transitent et transforment. Ils n’entreposent pas. Remplis, ils ne peuvent être pleins ».
Dans la Chine ancestrale, le concept d'un entrepôt ou d'un trésor se référait à un stockage à court-terme, car les éléments étaient en mouvement constant.
Au Chapitre 11 des Su Wen, il est dit : "Les 5 viscères Yin stockent l'Essence et le Qi et n'excrètent pas ; ils peuvent être remplis, mais pas à l'excès. Les 6 viscères Yang transforment et digèrent, mais ne stockent pas ; ils peuvent connaître l'excès sans être remplis. En fait, après que la nourriture soit passée par la bouche, l'estomac est rempli et les intestins sont vides ; lorsque la nourriture descend, les intestins sont remplis et l'estomac est vide".
Bien qu’elle soit traitée dans les 6 Fu, la Vésicule Biliaire a une fonction particulière car, si elle emmagasine la bile, elle ne reçoit ni les aliments ni les déchets. C’est donc aussi de ce fait un organe extraordinaire .

3. Les Six Organes Extraordinaires Qí Héng Zhī Fǔ 奇恒之腑
Il s'agit de l'Utérus, du Cerveau, de la Vésicule biliaire, de la Moelle, des Os et des Vaisseaux sanguins.  Ils fonctionnent comme les organes Yin, en stockant les substances vitales du corps, mais sont creux et semblables aux organes Yang. 

Le chapitre 11 des Questions simples dit : «les 6 entrailles naissent du souffle terrestre : cerveau, moelle, os, vaisseaux, vésicule biliaire et utérus. Contenus dans la région du Yin, elles sont à l’image de la terre, elles recèlent et n’éliminent pas. On les appelle réceptacles irréguliers ».

Les six organes curieux ou extraordinaires forment un ensemble qui se nomme qí héng zhī fǔ.

奇 qí extraordinaire, surprenant, merveilleux
Il réfère à l’émergence d’une vie, à la conception d’un être, à la différenciation d’un être au sein de l’indifférencié, à toute création

恆 héng durable, permanent, constant, pérennité, faire durer.
C’est aussi ䷟, le 32e hexagramme : la paix, la pérennité, le moment où les échanges entre le fort et le faible s’effectuent favorablement et assurent la continuité du développement.

之 zhī remplaçe une personne ou une chose comme complément, particule possessive dans différentes expressions, aller, se rendre

府 fǔ c’est le fǔ d’organe creux

Ces organes extraordinaires 奇恆之府 qí héng zhī fǔ Daqain Zhang, dans le style ... sont semblables aux 臟 zàng par leurs fonctions de thésaurisation, mais d’essences déjà soigneusement raffinées et qu’ils gardent activement à l’intérieur du corps.

Comme les zàng, ces fǔ travaillent continuellement, et non pas alternativement. 

Cependant, ils restent analogues aux fǔ car ils ne raffinent pas les essences dont ils ont la charge ; ils n’en sont que les distributeurs, attentifs à ce que le circuit reste bien ” fermé “. Ils sont aussi des fǔ par le fait qu’ils renferment les matériaux essentiels dont ils ont la charge ; ils ne sont pas imprégnés d’essences, à la manière des Zàng qui eux ne sont pas creux.

Les six organes extraordinaires forment trois couples :
  • cerveau  et moelles représente le ciel, lieu symbolique de la loi, de la règle, de l’ordre du vivant
  • os  et vaisseaux représente la terre qui porte, supporte et incarne les archétypes terrestres
  • vésicule biliaire et utérus  sont de l’ordre de l’homme, qui réunit et accomplit.
"A la création de l’homme apparaît d’abord l’essence vitale ; puis se forment cerveau et moelle ; les os forment ensuite une armature pour le cerveau et la moelle ; les vaisseaux alimentent tout le corps" - Chapitre 10 du Pivot merveilleux

 Les 6 organes extraordinaires précédent donc l’apparition des  臟 zàng et des 腑 fǔ, de même que les méridiens extraordinaire, précèdent l’apparition des méridiens principaux. Ces organes curieux jouent ainsi un rôle dans l’apparition de la vie, dans le passage du ciel antérieur au ciel postérieur.

Les organes extraordinaires jouent également un rôle dans la transmission de la vie dont elles assurent la pérennité. Enfin, elles assurent un rôle au plan transcendantal : lors du retour au sans forme ce sont les organes extraordinaires qui permettent la naissance en soi d’un être de lumière appelé embryon d’immortalité.

Tout en ayant des propriétés physiologiques semblables, les 臟 zàng et les 腑 fǔ se distinguent les uns des autres par des propriétés spécifiques :
  • les Zàng engendrent et préservent l’essence, le souffle et les liquides organiques ;
  • les Fǔ contiennent, transportent et digèrent les nourritures et en rejettent les résidus non assimilables ;
  • les Organes extraordinaires, bien que dénommés fǔ, ils ne reçoivent ni ne traitent aucune nourriture et, a l’instar des zàng, ils conservent et préservent l’essence et le soufle.
表里關系 biǎo lǐ guānxì
Les zàng sont situés en profondeur (里 lǐ), et les fǔ, en surface (錶 biǎo). Ils sont unis par une relation (關系 guānxì) surface~profondeur et appariés par paires : cœur~intestin grêle, poumons~gros intestin, rate~estomac, foie~vésicule biliaire, reins~vessie ; de manière à constituer, par la complémentarité de leurs fonctions et par leurs relations respectives avec les méridiens, un organe complet.

五行 Wǔ Xíng
Couplés avec les fǔ, les cinq zàng sont aussi en relation avec les cinq éléments et, par ce truchement, avec toutes les différentes parties de l’organisme : orifices du corps, tissus, organes sensoriels, etc., qui y correspondent et dont ils maintiennent l’efficacité en les nourrissant de leur souffle et de leur essence propre.

La médecine chinoise regroupe les organes internes Zang Fu en cinq systèmes fonctionnels. Chaque système Zang Fu possède des correspondances internes (organes internes) et externes (muscles, tissus superficiels, épiderme et sensations) spécifiques et reçoit un attribut physique, énergétique et spirituel en particulier. En observant les caractéristiques physiologiques des organes internes, les anciens chinois établirent un modèle cohérent permettant de décrire les fonctions de chaque organe; Ce modèle fut ensuite appliqué pour établir des diagnostics et traiter les pathologies organiques.



 Lire aussi : Correspondances des organes internes

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