mardi 22 juin 2021

Le Cerveau Nao /Nǎo 脑

Etymologie 

Le caractère chinois « Nao » signifiant « Cerveau ».

Nao /Nǎo 脑 est composé de trois parties :

-     Ji / Jī 肌, à gauche, signifie « tissu corporel », « muscle » ou « chair » (tous étant des formes de tissu connectif).

-     L'idéogramme sur la droite est lui-même composé de deux caractères : la partie supérieure droite décrit les cheveux et reflète la manifestation du Jing du Rein.

-     La partie inférieure droite représente une boîte contenant quelque chose évoquant un crâne rempli de Moelle. Ces figures associées sont utilisées pour représenter le Cerveau. Dans la Chine ancienne, le caractère signifiant « cerveau » ne présentait pas le radical « chair » sur la gauche mais un autre décrivant les deux moitiés de la structure symétrique du Cerveau.

Introduction
Les traités médicaux chinois parlent peu du cerveau. Celui-ci est relégué, dans la vision globale du corps humain et de son fonctionnement, au rang secondaire d’ « organe extraordinaire » (Qí héng zhï fǔ 奇恒之腑). 

Ainsi les accidents vasculaires cérébraux appartiennent pour cette médecine à la catégorie des atteintes par le vent ( zhòng fēng中).et bien que le cerveau soit le lieu touché par l’épisode pathologique qui est à l’origine des symptômes consécutifs à l’AVC, il n’est à aucun moment conceptuellement pris en compte.

Malgré cette marginalisation du cerveau, il serait fallacieux d’affirmer que cet organe fut totalement ignoré par les médecins, et cela dès l’antiquité. C’est ainsi, par exemple, que les rédacteurs qui contribuèrent à élaborer le corps de doctrines médicales tel qu’il est exposé dans le Huang Di Nei Jing (« Classique interne de l’empereur Jaune »)  le mentionnent à vingt-sept reprises, et que l’importance vitale de cet organe y est plusieurs fois affirmée, comme dans le passage suivant :

"Lorsque l’on puncture la tête, si l’on vise le point Nao Hu  [sur le méridien du Mai (gouverneur), au-dessus de la protubérance occipitale] et que l’on atteint le cerveau, la mort est immédiate" (Su Wen, Ci Jin lun ). 

Il peut arriver que le rapport avec les fonctions supérieures se trouve aussi évoqué :

"La tête est le palais de la clairvoyance""Lorsque l’on puncture la tête, si l’on vise le point Nao Hu  [sur le méridien du Mai (gouverneur), au-dessus de la protubérance occipitale] et que l’on atteint le cerveau, la mort est immédiate (Jing Ming zhi fu ) (Su Wen, Mai yao jingwei lun).

Au cours de l’évolution de la médecine chinoise aussi, on trouve certains médecins qui ont attribué les fonctions mentales au cerveau plutôt qu’au Coeur, en particulier Sun Si Miao, de la dynastie des Tang, Zhao You Qin, de la dynastie des Yuan, Li Shi Zhen, de la dynastie des Ming, et surtout Wang Qing Ren, de la dynastie des Qing.

En revanche, si l’on quitte les traités médicaux pour la littérature religieuse, la situation devient un peu différente. Le champ de cinabre supérieur, qui se trouve au centre de la tête, est désigné aussi par le terme Ni Wan  (« pilule de boue ») par les taoïstes, terme qui est la transcription du mot sanscrit nirvana – les auteurs bouddhistes écrivant quant à eux Ni Huan.

Cependant , dans la médecine chinoise, c'est le Coeur qui est en effet l’organe responsable des facultés et fonctions que nous attribuons au Cerveau en Occident: la conscience, l’intelligence, la concentration, la mémoire. Pourquoi? Parce que d’après les textes chinois, le Coeur abrite le “Shen”, qui correspond, peu ou prou, à l’Esprit. Cet esprit Shen se trouve dans chacun des 5 organes, non seulement du côté du cœur, mais aussi du foie les âmes éthériques Hun, des poumons les âmes corporelles Po , de la rate la pensée Yi  et des reins la volonté ou la mémoire Zhi.

Cependant, en dépit des quelques affirmations ci-dessus, largement concurrencées, par la description autrement plus détaillée du rôle majeur du cœur (et, dans une moindre mesure, des reins) pour ce qui est de l’esprit, de la mémoire ou des émotions, le cerveau est défini d’une manière récurrente comme étant la « mer de la moelle » (Sui zhi hai), ou encore « moelle de la tête » (Tou sui ).

Le cerveau mer des moelles
En médecine traditionnelle chinoise , le cerveau est également  appelé la «mer des moelles Sui Hai /  Suǐ Hǎi髓海 » et le «palais de l'Esprit Originel (Yuan Shen /Yuán  Shén 源神 )» .Ce Shen Originel est le « centre de contrôle des activités neurologiques et mentales ». La mer des moelles est l'une des quatre mers (Hai) du système physiologique chinois : mer de la moelle (cerveau), mer du sang (Chong mai, vaisseau d'attaque), mer du Qi (Shan) et mer des aliments (estomac).

Au Chapitre 10 des Questions  Simples il est dit : "La Moelle se rattache au Cerveau". 

 Selon le Canon interne de l'Empereur jaune : Su Wen (questions simples), « le Cerveau est Yin ». De ce fait, il correspond au réservoir final et à la jonction de tous les Yang Qi.

 Le Cerveau fonctionne comme un couvercle qui permet à toutes les vapeurs du Yang Qi et à la substance d'être retenues dans la Mer des Moelles  . Dans la Chine ancestrale, le Cerveau était perçu comme un canopée (Gai / Gài) et on pensait qu'il attirait et recevait les émanations subtiles du Ciel.

Le Jing, le Qi et le Shen du corps circulent à partir des cinq organes Zang (Yin) et des six organes Fu (Yang) jusqu'au Cerveau, permettant aux sept orifices supérieurs (yeux, oreilles, narines et bouche) de fonctionner. Les anciens Chinois pensaient que le Cerveau était le Fu (viscère) du Yuan Shen et entreposait le Shen du Cœur et le Hun du Foie.

La vitalité du Cerveau dépend du Sang du Cœur et d'un état équilibré du Cœur (gouverne le Sang) et des Reins (emmagasinent le Jing). Il est considéré comme la chambre de transformation de l'essence Jing) et de l'énergie (Qi ) prénatales et postnatales. Il est régulé par le Vaisseau Gouverneur ainsi que par les Vaisseaux Yin et Yang du Talon.

Le Cerveau, que l’on appelle la « Mer des Moelles », est nourri par la Moelle, et par là-même, au Jing des Reins

Le Jing (essence) du Rein circule à partir des Reins, produisant la Moelle, une substance unique semi liquide (différente de la Moelle de la médecine occidentale) qui remplit la Moelle épinière (liquide cérébrospinal) et le Cerveau. En médecine chinoise, la Mer des Moelles circule dans la cavité crânienne et se coagule pour former le Cerveau.

Dans la médecine traditionnelle chinoise, le Cerveau est considéré comme une extension partant du sommet de la tête jusqu'au point VG16 Feng Fu Palais du vent, juste en dessous de la protubérance occipitale externe. 

Un ancien dicton chinois dit que « la Moelle retourne au Cerveau ».

Relation entre l’Essence du Rein, la Moelle,
la moelle épinière et le Cerveau

 

Au Chapitre 33 de L'Axe Spirituel, on lit : "Le Cerveau est la Mer des Moelles et il s'étend du sommet de la tête au point VG16 Feng Fu Palais du vent".

Relations entre le cerveau, les Reins, le Coeur et la Rate
Comme la Moelle a son origine dans l'Essence des Reins,  cet organe extraordinaire est donc en relation fonctionnelle avec le Rein, organe yin. Ainsi le Cerveau dépend en grande partie de l’Essence du Ciel Antérieur du Rein. Mais la signification de la Rate comme gouvernant l’intellect veut que le Cerveau dépende aussi, pour sa nutrition, de l’Essence du Ciel Postérieur de l’Estomac et de la Rate.

Pour sa nutrition, le Cerveau dépend également du Cœur, dont le Sang l’irrigue, de sorte que les activités physiologiques du Cerveau sont tributaires de l'état du Rein et de celui du Coeur.  Le Rein stocke l'Essence et le Coeur gouverne le Sang. 

Ainsi, les trois organes que sont le Coeur, la Rate et le Rein ont tous une influence sur le Cerveau par le biais de l’Esprit, de l’Intellect et de la Volonté (Mémoire).

                                       Relation entre l’Esprit, l’Intellect et la Volonté  
                           en liaison avec le Cerveau.                                                  

Si l’Essence et le Sang sont tous deux abondants, le Cerveau bénéficie d’une bonne santé et d’une forte vitalité : la mémoire à court terme et la concentration sont bonnes, les oreilles entendent correctement et les yeux voient bien (les yeux sont l’ouverture du Foie mais sont aussi nourris par le Rein).

Au Chapitre 33 de L'Axe Spirituel, on lit "Si la Mer des Moelles est abondante, la vitalité est bonne, le corps se sent léger et agile, l'espérance de vie est bonne ; si elle est vide, l'individu souffre de vertiges, d'acouphènes, de vision trouble, de fatigue et a un grand désir de rester couché".

Plusieurs écoles existent en Médecine Chinoise concernant le logis du Shen :
  • Pour certaines, s’appuyant sur les textes antiques, il siège au Cœur (selon la phrase classique " Le Cœur thésaurise le Shen » Xin Cang Shen 心藏神)".

  • Pour d’autres, s’appuyant sur l’anatomie et la physiologie actuelle, il siège au Cerveau. 

  • Enfin, pour des troisièmes, il siège à la fois au Cœur et au Cerveau.
« En tant que palais du Yuan Shen, le cerveau dirige les Wu Shen (五神 les cinq état mentaux) afin de réguler les fonctions du Yin, du Yang, des Zang Fu, des quatres membres et des os ».

De nombreuses fonctions qui sont attribuées au cerveau en médecine occidentale sont attribuées au Coeur en médecine chinoise, car le Coeur abrite l’Esprit (Shen) qui est responsable de la pensée, de la mémoire, des perceptions, etc. Toutefois, au cours de l’évolution de la médecine chinoise, certains médecins ont également attribué les fonctions mentales au cerveau plutôt qu’au Coeur. Il s’agit, plus précisément, de Sun Si Miao, de la dynastie des Tang, de Zhao You Qin, de la dynastie des Yuan, de Li Shi Zhen, de la dynastie des Ming, et surtout de Wang Qing Ren, de la dynastie des Qing. Par exemple, Li Shi Zhen dit : « Le Cerveau est le Palais du Shen Originel ».

La façon dont le système fonctionne est que le cerveau est un ordinateur digital et ce que l’on appelle « l’esprit » est un programme ou un ensemble de programmes informatiques digitaux. L’esprit est alors au cerveau ce que le logiciel est au disque dur.

Wang Qing Ren dit précisément : « L’intelligence et la mémoire résident non pas au Coeur mais au Cerveau ». Ainsi, le Cerveau contrôle l’intelligence, la mémoire, la pensée et la conscience. Ceci n’est pas en contradiction avec le fait que le Coeur soit responsable de ces fonctions, cela signifie tout simplement qu’il y a des points communs entre le Coeur et le Cerveau pour ce qui est de ces fonctions. Toutefois, en pratique clinique, la relation entre le Coeur et des fonctions comme l’intelligence, la mémoire, la pensée et la conscience est plus importante que celle entre le Cerveau et ces fonctions. En fait, cela signifie qu’en pratique clinique, pour stimuler ces fonctions, on peut utiliser des points du méridien du Coeur ou des points du Vaisseau Gouverneur situés sur la tête, car ils agissent sur le Cerveau.

Les orifices du cerveau
De plus, de nombreux méridiens montent au Cerveau, via 3 orifices : 

    Le Mu Xi 目溪 : système de l’œil,

    Le vertex et le point VG20  Bai Hui  : y entrent à la fois les méridiens de la Vessie, et du Du Mai (Vaisseau Gouverneur),

    La nuque et le point VG16 FengFu  : y entrent et sortent le méridien Du Mai (Vaisseau Gouverneur), et le méridien de la Vessie.

La région temporale et le canthus interne de l’œil sont parfois mentionnés comme voies de passage.Selon les écoles, de nombreux autres méridiens entrent en contact avec le Cerveau. 

Fonctions du cerveau
Le Cerveau (Nao) est traditionnellement responsable des facultés perceptives que sont l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher. Néanmoins, au fil du temps, il s’est vu attribuer par les médecins chinois le contrôle de fonctions mentales comme la mémoire, la concentration, l’usage de la parole, rapporte Giovanni Maciocia.

Les fonctions principales du Cerveau consistent à contrôler les activités mentales et à guider les sens et les activités du langage. 

En médecine chinoise, le Cerveau contrôle la mémoire, la concentration, la vue, l'ouïe, le toucher et l'odorat.

Dans les Discussions sur l'Estomac et la Rate, on lit : "La vue, l'ouïe, l'odorat, le toucher et l'intelligence dépendent tous du Cerveau".

1. Contrôle des activités mentales : le Cerveau est considéré comme la résidence de l'intelligence innée {Yuan Shen) et le siège de la fonction mentale.

Le chapitre 17 des « Questions simples » dit : « La Tête est le Palais de l’Intelligence ». (« palais », ici, Fu, pourrait aussi être traduit par « organe Yang »). Ainsi, de la même façon qu’en médecine occidentale, le Cerveau contrôle l’intelligence et la clarté de l’esprit.

Les Anciens Chinois pensaient que la colonne vertébrale et la Moelle épinière transmettaient la conscience au corps à partir du Cerveau. La capacité de réflexion est renforcée en cas d'abondance de Qi  et de Sang dans le cortex cérébral, où sont également localisés la « zone de la mémoire » et le « centre de la pensée ». Ces endroits ne se développeront que lorsque les méridiens du Rein circuleront dans la colonne vertébrale (ainsi que les méridiens du Foie), afin d'atteindre le cortex. Lorsque le Qi  de ces deux méridiens est en abondance, la fonction de la mémoire est puissante

2. Guider les sens et les activités du langage : la médecine chinoise affirme que les sens et le contrôle de la motricité du corps sont liés au Cerveau, lui-même lié, au niveau fonctionnel, aux Reins et contrôlant la mémoire, la concentration, l'audition, le toucher, la vue, le goût et l'odorat. Les associations visuelles et auditives y sont particulièrement accentuées.

Le Cerveau contrôle la vue, l’ouïe, l’odorat et le goût Les livres anciens de médecine chinoise font tous état du lien entre la « Mer des Moelle » (c’est-à-dire le Cerveau) et la vue, l’ouïe, l’odorat et le goût. Le chapitre 28 de « L’axe spirituel » dit : « Lorsque le Qi de la partie supérieure du corps est insuffisant, le Cerveau n’est pas rempli et on peut avoir des difficultés à entendre, des acouphènes, un affaissement de la tête et une vision trouble ».

Wang Qing Ren est encore plus explicite : « Les deux oreilles communiquent avec le Cerveau et donc l’ouïe dépend du Cerveau ; les deux yeux forment un système qui, comme un fil, les relie au Cerveau et donc la vue dépend du Cerveau ; le nez communique avec le Cerveau et donc l’odorat dépend du Cerveau … chez les jeunes enfants, le Cerveau se forme progressivement et c’est pourquoi ils peuvent prononcer quelques mots ».

Ainsi donc, les sens de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du goût, tout comme les fonctions du langage, dépendent du Cerveau et de l'Esprit.

Le cerveau et le mysticisme taoïste
Les Anciens Taoïstes pensaient que, lors de l'accroissement de l'activité cérébrale, un cercle de lumière se développait dans l'axe du Taiji du corps. L'esprit inné (Yuan Shen) de l'individu était représenté par l'intensité de la luminosité irradiant de l'intérieur. Le degré d'énergie spirituelle accumulée se reflétait par la quantité de cercles lumineux développés dans cet axe.

Ces cercles de lumière peuvent être observés juste après le réveil. En appliquant une légère pression sur les paupières, la lumière interne de l'axe du Tai Ji se projette sur les nerfs optiques, par une image de ce cercle lumineux (phénomène connu sous le nom de phosphène dans la médecine occidentale). Lorsque le cercle de lumière est complet, il reflète un bon état de santé. Si son centre est assombri (le faisant ressembler à un beignet en anneau), il révèle un état de santé déficient. Brisé ou fragmenté, il indique une extrême déficience .

Le Yuan Shen de l'individu se reflète dans l'intensité lumineuse présente dans
l'axe du Tai Ji où la quantité et la qualité des cercles de lumière peuvent indiquer
 le degré d'accumulation d'énergie spirituelle


La médecine énergétique chinoise
En médecine énergétique chinoise, le système nerveux central gouverne les actions conscientes et inconscientes. Le tronc cérébral inférieur et la Moelle épinière sont relies au champ énergétique du Yin, tandis que k cortex cérébral est lié au champ énergétique du Yang.

Lorsqu'un médecin en Qi Gong accorde ses vibrations au champ énergétique du patient et émet le Qi , il active les cellules du Cerveau chargées de recevoir et d'entreposer les schémas vibratoires. Les tissus réagissent et reproduisent un schéma énergétique similaire à l'original, servant à enregistrer les expériences physiques, mentales, émotionnelles et spirituelles de celui-ci. Cette réaction énergétique se produit au niveau physique, du fait que les tissus et les cellules du patient se conforment à l'organisation vibratoire subtile du corps d'énergie.

Les cellules cérébrales reçoivent, enregistrent et conservent les vibrations des pensées
Les scientifiques ont découvert que le Cerveau «se parle à lui-même» principalement par un langage d'interférence et de schémas d'ondes (phase, amplitude et fréquence), plutôt que par des images ou des impulsions chimiques. Suivant ce modèle, nous pouvons concevoir que les structures et impulsions électriques et chimiques contenues dans le Cerveau sont gouvernées par des schémas d'ondes de forme énergétiques plus subtils provenant du Dan Tian supérieur. Le Cerveau perçoit et analyse un objet en « résonant » initialement avec le schéma d'ondes énergétiques de celui-ci, puis en le fragmentant en fréquences d'ondes et en transmettant ce schéma au reste du corps.

Chaque groupe de cellules du Cerveau humain reçoit, enregistre et conserve des groupes de vibrations, les schémas vibratoires qui constituent les pensées, les images, les actions et les mouvements des diverses formes d'énergie et de matière.

Le Cerveau reçoit principalement : les vibrations par l'intermédiaire de l'épiderme, des yeux, des oreilles, du nez et de la bouche, et les enregistre sous forme de schémas de résonance à l'intérieur de ses cellules.

Le mental interprète ces vibrations reçues sous formes d'images, de sons, d'odeurs et de sensations, puis les organise en souvenirs. La précision et l'étendue de l'interprétation de ces données reçues dépendent du niveau de conscience de l'individu au moment de l'interaction. 

Ces schémas vibratoires peuvent être perçus et enregistrés dans le mental du praticien en Qi Gong. En appliquant le modèle des schémas d'interférence vibratoire au processus de la mémoire, on a pu estimer, d'une manière conventionnelle, que le Cerveau humain moyen a le potentiel d'accumuler plus de 280 quintillions (280 000 000 000 000 000 000) bits d'information au cours d'une vie entière. Il prélève les « vieilles » informations de la même manière qu'il traite les « nouvelles », par la transformation holographique des schémas d'interférence vibratoire.

Le Cerveau contient un certain mécanisme qui agit comme un analyseur de fréquence extrêmement sensible, gérant les perceptions et les connaissances reçues afin de prévenir une « surcharge d'informations ». Sans ce mécanisme, les ondes infinies d'informations contenues dans le Wu Ji submergeraient l'individu. 

Le Cerveau est normalement « réglé » pour percevoir uniquement une gamme limitée de fréquences ; cependant, par la prière, la méditation et la relaxation paisible, les zones de réception du Cerveau s'ouvrent de plus en plus au spectre quasi infini des longueurs d'ondes du Wu Ji. Ainsi, la personnalité de l'individu est en mesure de se développer vers une plus grande conscience et harmonie avec le Tao.

Les scientifiques pensent que la partie du Cerveau créant des schémas d'interférence vibratoire n'est peut-être pas localisée dans une seule région ou dans un groupe cellulaire particuliers, mais qu'elle existerait plutôt dans les intervalles, entre les cellules. Le Cerveau prélève et transmet simplement les informations contenues dans le Wu Ji. Ce que nous considérons comme la perception et la mémoire est simplement une émission cohérente de signaux provenant du Wu Ji ; les souvenirs les plus intenses ne sont qu'un rassemblement structuré de ce type d'ondes d'information. 

Une fois perçus et enregistrés dans l'hippocampe (cf. article sur le cerveau triunique), les schémas vibratoires peuvent être reproduits et projetés. Cela provoque émotions, désir, recharge et guérison

Le médecin peut organiser les schémas énergétiques de ses propres cellules afin de reproduire les sons et les mouvements produits par ces formes ou objets, ainsi que les pensées de l'individu les ayant émis. Par l'intermédiaire de ses cellules activées énergétiquement, le médecin peut aider le patient, ainsi que lui-même, à contrôler ses pensées.

Les schémas vibratoires du Cerveau ont tine influence directe sur l'environnement extérieur et jouent habituellement un rôle significatif au niveau des interactions sociales de l'individu. Par exemple, lorsqu'une personne observe ou imagine la manifestation possible d'un événement spécifique, ce schéma vibratoire particulier est enregistré et fixé à l'intérieur des cellules. Lorsque ce schéma est entretenu au niveau énergétique par l'intention focalisée (consciemment ou inconsciemment), il développe une puissante charge. Le schéma vibratoire est alors projeté vers l'extérieur pour être imprimé sur les cellules correspondantes du Cerveau d'une autre personne, qui est alors projeté en retour jusqu'à ce que l'incident soit fixé à un tel point que l'événement se produit finalement. Ce phénomène s'apparente à l'accomplissement d'une prédiction. De manière similaire, on pense que les accidents et les maladies se matérialisent sous l'influence résonante des schémas énergétiques cellulaires.

Un autre groupe de cellules du Cerveau reçoit, enregistre et conserve les vibrations des pensées et des activités du Divin dont la vibration énergétique pénètre dans toute substance et transmet en permanence la connaissance divine sous la forme de la véritable sagesse. Toutes les cellules contenus dans le corps reçoivent naturellement et projettent les vibrations de l'« esprit divin ». Si le praticien se sépare du Divin par la pensée il (ou elle) se séparera également du Divin dans sa manifestation.

Pathologie du cerveau 
Si l’Essence du Rein et le Sang du Cœur sont tous deux de Vide, le Cerveau est lent, la mémoire mauvaise, la vitalité faible, l’ouïe et la vue diminuéesIl peut survenir certains symptômes comme une mauvaise concentration ou des vertiges, notamment. 
"Si la mer de la moelle est en insuffisance, le cerveau a le tournis, il y a bourdonnements d’oreille, contractures dans les jambes, étourdissements, aveuglements, extrême fatigue" (Hai Lun )

Le déclin de la mémoire que connaissent les personnes âgées est aussi souvent dû à des Glaires ou des stases de Sang qui obstruent le Cerveau.

La relation entre le Cerveau, le Rein et le Coeur explique comment, en pratique, certains symptômes comme une mauvaise mémoire et une mauvaise concentration, des vertiges et une vision trouble, peuvent provenir d'un Vide de la Mer des Moelles (autrement dit du Rein) ou d'un Vide de Sang du Coeur. C’est pour cela que le cerveau est souvent en insuffisance chez les personnes âgées. 

Selon le Canon interne de l'Empereur jaune : Su Wen (questions simples) : « Un excès dans la Mer de la Moelle permet à l'individu de devenir alerte et robuste avec beaucoup de force. Il lui permet de satisfaire le nombre de ses années allouées. Une déficience de la Mer de la Moelle donne le tournis au Cerveau (vertige), des bourdonnements d'oreille (acouphènes), une faiblesse dans les jambes accompagnée d'une forme de paralysie au niveau des lombaires (lumbago), ainsi que la perte de la vue. L'individu devient lent et paresseux, et ne désire que de s'allonger au calme. »

Les maladies « chaudes » peuvent également affecter le Cerveau et la Moelle, particulièrement si elles sont associées à une invasion du Vent ou du Froid.

En médecine chinoise,  il y a une interaction à double sens entre le Cerveau (ou l’Esprit du Coeur) et les organes ; des stimuli émotionnels qui affectent l’Esprit peuvent provoquer un déséquilibre des organes et inversement, un déséquilibre des organes peut provoquer un  déséquilibre émotionnel.

Le Cerveau est aussi lié au Coeur par le fait que pour être sain, il doit être irrigué par une quantité suffisante de Sang, lequel est “gouverné” par le Coeur. Comme l’Esprit est considéré comme un « orifice » du Coeur, c’est pourquoi la montée-descente du Qi est cruciale pour un fonctionnement normal du cerveau. 
"Le Yang clair monte aux orifices supérieurs"

Les changements majeurs dans le cerveau au cours de la méditation
les neurosciences ont montré que la méditation sur  les sens stimule les zones cérébrales qui correspondent : vision et aire occipitale, par ex.

Une étude américaine publiée cette semaine montre qu'une demi-heure de méditation chinoise active par jour peut améliorer la connectivité cérébrale.

Yi-Yuan Tang et Michael Posner, des chercheurs américains spécialistes des maladies mentales, rapportent que 11 heures de pratique par mois (ou environ une demi-heure par jour) de cette technique de méditation active montrent des résultats positifs sur le cerveau, même pour les débutants.

« Les changements physiques importants que nous avons notés mettent en évidence que la méditation peut, sur le court terme, améliorer le contrôle de soi, l'humeur et la réponse au stress», selon Michael Posner de l'University of Oregon.

Selon les recherches courantes menées par le docteur Gregg Jacobs de l'école médicale d'Harvard, quatre changements majeurs se produisent dans le Cerveau au cours de la méditation .

Les quatre régions majeures du Cerveau
influencées par la méditation.


1. La méditation et le lobe frontal du cortex cérébral
Le cortex frontal est la partie la plus évoluée du Cerveau, chargée des fonctions intellectuelles telles que la raison et la pensée abstraite, le comportement agressif et sexuel, l'odorat, l'élocution, le langage et la motricité volontaire. Au cours de la méditation, les processus actifs habituels du cortex frontal se ferment.

2. La méditation et le lobe pariétal du cortex cérébral
Le lobe pariétal est chargé de la reconnaissance des stimuli sensoriels spécifiques liés à l'environnement immédiat ; de la capacité à utiliser des symboles comme moyens de communication ; à développer des idées et des réactions motrices pour les mettre en œuvre ; et de la capacité d'orientation dans l'espace et le temps. Au cours de la méditation, l'activité du lobe pariétal se ralentit.

3. La méditation et le thalamus
Le thalamus est considéré comme faisant partie du diencéphale (le plus petit des deux dérivés du Cerveau intermédiaire) constitué de plusieurs groupes de corps et de processus cellulaires fonctionnant principalement comme un centre-relais complexe. Les nucléus-relais du thalamus reçoivent indirectement des informations de la plupart des neurones sensoriels des nerfs crâniens et spinaux. Agissant comme le « gardien de la porte » des sens, il focalise principalement l'attention mentale en dirigeant plus profondément les données sensorielles dans le Cerveau, et en empêchant les autres signaux de surcharger le système. Au cours de la méditation, le flot d'informations circulant dans le thalamus se réduit à un arrivage limité et occasionnel.

4.La méditation et la formation réticulaire du tronc cérébral 
La formation réticulaire est un appareil neurologique massif et, cependant, vaguement défini, constitué de matières grises et blanches étroitement mélangées qui se prolongent à partir du noyau central du tronc cérébral dans le diencéphale, et agissent comme la sentinelle du Cerveau. Recevant constamment des stimuli, donne l'alerte au Cerveau, prêt à réagir. Au cours de la méditation, les signaux d'excitation se réduisent de manière significative. Après s'être entraînés à la méditation durant huit semaines uniquement, les sujets d'expérience ont constate un changement prononcé au niveau des schémas d'ondes cérébrales, se déplaçant des ondes beta (le schéma des ondes de pensée consciente) aux ondes alpha (le schéma des ondes de la relaxation).

La méditation, le néocortex et les ondes gamma 
La méditation permet la connexion avec le néocortex. Quand le cœur est prêt, le néocortex est prêt. Le cœur domine l’esprit. L’esprit est la pensée du néocortex.

Le travail de développement personnel travaille le cœur, donc le néocortex. Lorsque le néocortex est fort, les fréquences des ondes sont puissantes en ondes GAMMA. En ondes GAMMA,  vous allez vers l’extérieur, mais aussi vers l’intérieur, vers le cerveau limbique pour des transformations. Lorsque le néocortex est plus conscient, plus clair, l’émotion est correcte. L'être humain, dont l’émotion est correcte, n'est pas manipulée par l’amour.

Les ondes GAMMA transforme les émotions vers la compassion. Lorsqu’on est connecté, il y a des ouvertures, des passages entre le cerveau reptilien et limbique. Cependant les fous (maniaques) sont en ondes GAMMA aussi. Les gens maniaques ne sont jamais fatigués et n’ont pas besoin de dormir, mais ils sont malades. Ils sont très orgueilleux, violents. Ils ressentent beaucoup de joie et ressentent un très grand confort.  Ils changent très rapidement de sujets, passent du coq à l’âne.

Pendant la méditation, dans la vie quotidienne,  les cellules du cerveau sont pleines. Lorsqu’elles sont très pleines, l’électricité est très puissante.  Les ondes GAMMA crée de l’électricité. Un choc peut déclencher les ondes GAMMA  Dans ce cas là, le corps réagit. Pendant la méditation,  le corps ne réagit pas, au contraire des cellules du cerveau, qui rétrécissent. 

La méditation permettrait d’allonger les télomères. 
Le président OBAMA a donné beaucoup d’argent pour les recherches sur le cerveau. La dernière recherche est sur le rajeunissement au niveau des gènes (Yale). Le raccourcissement des télomères est en partie l’une des causes du vieillissement, non seulement des cellules, mais aussi de l’organisme de son ensemble. Les télomères sont des structures d’ADN situés à l’extrémité des chromosomes. Si les télomères sont raccourcis, les cellules vieillissent. A l’inverse, si l’activité de la télomérase est élevée, la longueur des télomères est maintenue et le vieillissement cellulaire est retardé. C’est le cas des cellules cancéreuses dont la durée de vie est illimitée. Certaines maladies génétiques sont caractérisées par une télomérase défectueuse, ce qui entraîne une détérioration des cellules. Plus les gènes, télomères sont longs, plus grande est la longévité. 

Les changements majeurs dans le cerveau par l'acupuncture
L’acupuncture peut stimuler diverses structures du cerveau par exemple le mésencéphale, le cortex cérébral, l’hypothalamus et le système limbique (voir article sur le "cerveau triunique").

En 2005, trois chercheurs européens passèrent en revue l'essentiel des résultats d'essais ayant porté sur les effets de l'acupuncture sur l'activité cérébrale.

À l'aide d'images du cerveau, prises grâce aux techniques d'imagerie médicale, les chercheurs ont pu constater que la stimulation de points d'acupuncture spécifiques avait une action prévisible sur certaines régions du cerveau. Cela concordait avec les théories de la Médecine traditionnelle chinoise (MTC) qui préside aux protocoles de traitement d'acupuncture.

Ainsi, une aiguille insérée sur le pied, en certains points associés aux yeux selon la théorie chinoise, stimulerait le cortex visuel de la même manière que lorsqu'on projette un jet de lumière dans l'oeil. D'autres points d'acupuncture liés à l'oreille, selon la MTC, auraient aussi activé une région du cerveau que la science associe au sens de l'audition.

Les chercheurs français et anglais ont également observé l'impact sur l'activité cérébrale de la stimulation d'un point d'acupuncture lié au soulagement de la nausée (MC6). L'imagerie cérébrale indiquerait que les aiguilles insérées en ce point ont un effet sur une partie du cervelet que les neurologues associent à la nausée.

Les auteurs de l'étude font par ailleurs remarquer que la stimulation de points étrangers au réseau des méridiens d'acupuncture n'a pas d'effets spécifiques sur l'activité cérébrale.

Selon eux, l'interprétation des images du cerveau n'en est qu'à ses premiers balbutiements. 

Le cerveau détecte le Qi émis
Le passage suivant est extrait de recherches médicales sur l'émission du Qi  et sur ses effets sur le Cerveau humain, rassemblées par Richard Lee, directeur de l'institut Healthways de Chine, en Californie, par le professeur Lu Yan Fang de l'Institut national d'électroacoustique à Beijing (Chine et par le Collège de Beijing de médecine traditionnelle chinoise :

 J'ai appris, au cours de mes nombreuses années de recherches basées sur l'électroencéphalogramme (EEG), que le Cerveau humain réagit même aux stimuli les plus subtils du corps et j'en ai déduit que, s'il existait réellement une base scientifique relative à l'émission du Qi, cela serait perceptible au niveau des ondes du Cerveau des personnes se prêtant à l'expérimentation et placées dans le parcours de cette émission. Je m'attendais à n'observer aucune différence entre les états de repos et les états d'émission de Qi.

Ce à quoi nous assistâmes fut extraordinaire. En quelques secondes, après que le maître en Qi Gong eut commencé à émettre le Qi, l'EEG du sujet commença à se modifier. La variation d'intensité enregistrée par l'EEG était accentuée sur tous les méridiens, tandis que l'augmentation la plus prononcée se situait au niveau du lobe frontal. Il se produisit également une augmentation et une synchronisation du rythme alpha dans l'ensemble des méridiens. Lorsque le maître en Qi Gong arrêta d'émettre le Qi, l'EEG revint progressivement aux mesures de base.

Afin de déterminer si l'énergie infrasonore correspondait à une partie significative de l'émission du Qi, nous utilisâmes les prototypes infrasonores de Qi Gong au cours de la même expérimentation. Nous pûmes la localiser à 46 centimètres de distance, directement à l'arrière de la tête du sujet. Les électrodes de l'EEG étaient fixées comme précédemment. Le simulateur fut activé sur de courtes périodes de temps et les résultats furent enregistrés. Nous découvrîmes que les effets sur le récepteur de l'EEG étaient pratiquement similaires à ceux du Qi émis.

Nos recherches suivantes impliquaient de surveiller les divers potentiels évoqués au niveau sensoriel-cortical au cours de la méditation de Qi Gong, de l'émission du Qi et de la stimulation infrasonore de Qi Gong. Nous remarquâmes à nouveau des résultats particulièrement similaires concernant ces trois stimuli. Nous découvrîmes qu'une grande partie du cortex cérébral était inhibée tandis que d'autres cortex somatosensoriels étaient stimulés. L'une des découvertes significatives de cette étude est que l'inhibition du cortex cérébral au cours de la méditation de Qi Gong est nettement différente de l'excitation du cortex cérébral mesurable au cours du sommeil.

« Par la réaction évoquée par voie acoustique du tronc cérébral, on découvrit que les structures du tronc cérébral, de la médulle à l'hypothalamus, étaient favorisées de manière significative. Le tronc cérébral joue un rôle important dans la régulation des fonctions des organes internes, de la fonction motrice et des émotions.

Les implications de ces études furent extraordinaires. Les maîtres de Qi Gong peuvent, sans l'aide du toucher, de la voix, du contact oculaire ou des autres moyens habituels de communication, produire un changement net, intense et particulièrement quantifiable au niveau du fonctionnement du Cerveau du sujet. Une synchronisation du rythme alpha indique une relaxation profonde et est étroitement associée à une guérison accélérée. La variation d'intensité de la puissance accentuée au niveau du lobe frontal est particulièrement significative, car l'association du cortex du lobe frontal est concernée par l'action motrice et la fonction sensorielle supérieure par les aspects comportementaux émotionnels et motivationnels, et par l'intégration de la fonction autonome. La facilitation du tronc cérébral, avec sa régulation des organes internes peut constituer un mécanisme par lequel la guérison physique sera mise en œuvre ou accélérée.

En dépit de ces changements tangibles hautement significatifs de l'EEG et des potentiels évoqués, les sujets n'avaient rien ressenti et n'avaient aucune idée des transformations profondes qui s'étaient opérées en eux.

Les découvertes liées à ces études constituent de solides preuves qu'un maître en Qi Gong peut produire de véritables transformations physiologiques chez un sujet situé à plusieurs mètres de distance et, de plus, peuvent aider à expliquer le taux élevé de guérisons suite à des maladies dégénératives chroniques chez certains groupes de patients hospitalisés et soignés par des maîtres en Qi Gong.

Le Qi émis produit un effet prononcé et récurrent  sur les mesures
enregistrées par EEG. Il accentue la variation de l'intensité frontale
 et occipitale EEG, plus fréquemment le frontal au point  qu'il devient
l'activité EEG prédominante (tandis que la prédominance occipitale
 est plus commune). Le Qi émis accentue et synchronise également
le rythme alpha.

Ces études démontrent également que le simulateur infrasonore de Qi Gong permet de provoquer des changements similaires au niveau de la fonction du Cerveau et que, par la méditation, un maître peut produire des changements similaires au niveau de son propre Cerveau. »

Contrôles scientifiques

De nombreuses polémiques existent concernant la manière dont le Qi émis influe sur le Cerveau. Beaucoup de médecins insistent sur le fait que les changements du Cerveau sont provoqués psychologiquement et que la suggestion verbale, des mouvements de main impressionnants et les attentes du sujet sont à prendre en considération lors de l'observation du phénomène entourant l'émission du Qi .

« Afin de tester cela, nous recrutâmes plusieurs personnes qui prétendirent être des maîtres en Qi Gong pour traiter les sujets, auxquels nous assurâmes qu'ils étaient tous authentiques, et ils bougeaient les mains d'une manière similaire. Nous ne remarquâmes aucun changement notable au niveau des schémas d'ondes du Cerveau avec ces faux maîtres, mais, lorsque les véritables praticiens émirent leur Qi, nous remarquâmes à plusieurs reprises des changements particulièrement significatifs.

« Ce test ne suffisant pas à satisfaire de nombreux médecins qui consultèrent notre travail, nous le répétâmes par conséquent sur des animaux. Nous expérimentâmes avec l'EEG sur des lapins à l'état d'éveil et la réaction évoquée par voie acoustique du tronc cérébral sur des chats anesthésiés pendant que les maîtres en Qi Gong émettaient le Qi dans leur direction. Bien qu'il n'y ait aucun contact, ni verbal ni oculaire entre les animaux et les maîtres de Qi et que ces derniers émettaient le Qi à plusieurs mètres de distance, nous pûmes observer des variations d'intensité de l'EEG et de la réaction évoquée par voie acoustique du tronc cérébral similaires à celles observés chez les sujets humains. Ce résultat s'est avéré particulièrement convaincant, car toutes sortes d'effets placebo ont ainsi pu être éliminées de l'équation alors que, cependant, la modification de la fonction du Cerveau à distance demeure invariable.

Lire aussi : 

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Le cerveau dans la médecine occidentale

Dans la médecine occidentale, le cerveau joue le rôle de chef d'orchestre, recevant toutes les informations sensorielles, centralisant les souvenirs et générant les actions. 

Les deux hémisphères du cerveau 
Le cerveau est divisé en deux hémisphères, un hémisphère gauche et un hémisphère droit communiquant entre eux par l'intermédiaire d'un réseau ténu de fibres connu sous le nom de corps calleux, puis en plusieurs aires, chacune ayant une fonction importante : aires du langage, de la sensibilité corporelle, de l’émotion, etc. 

En ce qui concerne les hémisphères, on sait qu’ils fonctionnent le plus souvent dans une relative indépendance, et que le gauche, généralement dominant, est le siège du raisonnement logique et  rationnel, tandis que le droit est celui de la créativité, de l'intuition et de l'émotionnel.

Le cortex cérébral du Cerveau est divise en deux hémisphères,  


Les hémisphères cérébraux et le cortex

Les hémisphères cérébraux sont responsables des sensations et mouvements du corps. 

Le côté gauche du corps est principalement contrôlé par le côté droit du cortex et inversement. 

L'hémisphère gauche est principalement responsable de la pensée analytique et logique de l'individu, ainsi que de la capacité à parler, à penser, l'aisance d'élocution, de la lecture, de l'écriture , de la capacité à effectuer des calculs mathématiques complexes et à résoudre les problèmes. Ainsi, les individus dotés de ce cerveau peuvent établir une analyse logique des évènements passés, prendre en compte les facteurs externes liés ou non avec ces évènements, établir des prévisions dans le futur et prendre des décisions suivant cette analyse.

L'hémisphère droit est associé à la pensée spontanée. Il est chargé principalement des capacités artistiques et musicales ainsi que de la reconnaissance des visages, du langage du corps, des idées (symboliques) et de la créativité.  

L’hémisphère droit est plus spatial, plus abstrait, plus musical et artistique, alors que l’hémisphère droit est plus linéaire, plus rationnel et plus verbal.

Les neurones 
Le cerveau disposerait en moyenne d'environ 86 milliards de neurones (cellules spécifiques du cerveau) au meilleur de notre forme, auxquels il faut rajouter les cellules gliales (des cellules nourricières de soutien) qui représentent chez l'homme un poids moyen de 1,5 kg. Chez la femme, le cerveau est un peu plus léger : aux alentours de 1,3 kg. Ce qui ne le rend pas moins efficace : il se pourrait même que la machine tourne légèrement plus vite chez la gent féminine.

Les cellules gliales jouent de nombreux rôles : les chercheurs savent depuis longtemps que les cellules gliales transportent les nutriments aux neurones et nettoient les débris cellulaires. De nombreuses études récentes mettent en évidence d’importants nouveaux rôles des cellules gliales dans les fonctions cérébrales dans le traitement de l’information neuronale.

Le cerveau doit son volume à environ 1.400 cm3 de cerveau... et 300 ml de liquide : 150 ml de sang, et 150 ml de liquide cérébrospinal dans lequel cerveau et moelle épinière baignent. Très majoritairement composé d'eau (99 %), le liquide cérébrospinal comporte aussi des protéines, du glucose, et des ions inorganiques, comme les ions sodium, potassium, calcium, magnésium ou chlorure. Le tout lui confère un pH de 7,33.

La matière grise du cerveau est composé de neurones

La forme d'un neurone ressemble à un arbre avec des branches appelées dendrites, un tronc et des racines. Les dendrites qui se divisent comme les branches d'un arbre recueillent l'information et l'achemine vers le corps de la cellule. Les informations circulent le long des dendrites sous forme de courant électrique très faible (100 000 fois moins fort que celui d'une prise électrique). Les messages se dirigent tous vers le centre du neurone, le corps cellulaire, qui est le lieu d'intégration des informations. S'il reçoit trop de messages, il en envoie à son tour par ce qui ressemble au tronc de l'arbre, l'axone. Comme des routes et des autoroutes, les axones relient les neurones entre eux. Leurs extrémités se ramifient comme des racines pour assurer la connexion avec les dendrites des autres neurones. Les axones peuvent stimuler directement d'autres types de cellules comme celles des muscles ou des glandes.

La matière blanche du cerveau est principalement constitué d'axones, qui relie entre eux les neurones des différentes zones du cerveau, cerains axones amènent jusqu'au bout de la moelle épinière.   

Synapse et neurotransmetteurs
Les neurones ne se touchent pas. Une fente très étroite relie l'extrémité de l'axone et le neurone suivant. C'est la synapse. Le mot synapse vient du grec : syn=ensemble et Haptein joindre.

Pour la traverser le message électrique est modifié en message chimique, un peu comme l'on passe d'un train en bateau lors d'un voyage vers une île. Les cellules  ne se touchent pas entre l'axone et le neurone suivant et  l'influx nerveux a besoin de molécules chimiques particulières, les neurotransmetteurs, pour franchir l'espace entre les deux. 

Moins rapides que les synapses électriques, les synapses chimiques sont beaucoup plus souples et malléables. Les deux parties de la synapses ont héritées de spécialisation moléculaire particulière pour s'acquitter de leur tâche. Les neurotransmetteurs agissent comme des traversiers chimiques permettant à l'influx nerveux de passer d'un neurone à l'autre. C'est la forme particulière du neurotransmetteur qui va lui permettre de se fixer au bon endroit pour produire son effet. Le neurotransmetteur est un peu comme une clef. Si sa forme est la bonne pour le neurone suivant, alors il produira un effet sur celui-ci.  

Relâché dans la fente synaptique, les neurotransmetteurs peuvent avoir deux effet opposés sur le neurone suivant. Soit ils favorisent la propagation de l'influx nerveux à l'intérieur de celui-ci (neurotransmetteur excitateur) , soit ils limitent sa transmission en diminuant la probabilité que le neurone suivant envoie un influx (neurotransmetteur inhibiteur). Chaque récepteur de neurotransmetteur possède un domaine moléculaire particulier qui lui permet de reconnaître spécifiquement un messager chimique donné.  

Tous ces neurones forment un vaste réseau interconnecté où circule l'influx nerveux. Les neurones sont interconnectés par des synapses, qui leur permettent d’échanger les informations . Dans 1 cm3 de cerveau humain, on dénombre pas moins de 10.000 milliards de synapses, ou connexions nerveuses. 

L'information nerveuse doit transiter de neurones en neurones. Dans les fibres nerveuses les plus larges, elle circule jusqu'à 120 m/s, soit 430 km/h. Une vraie autoroute de l'information.

Pour gagner en vitesse, les fibres nerveuses sont recouvertes d'une gaine isolante appelée myéline (fabriquée par les cellules gliales). Si l'on mettait bout à bout toutes ces fibres myélinisées, on obtiendrait un segment long de 150.000 à 180.000 km selon les estimations. De quoi faire quatre fois le tour de la Terre...

Le cerveau représente environ 2 % du poids total d'un Homme. Mais par le rôle central qu'il occupe, il consomme 20 % de l'oxygène inhalé par les poumons et 25 % de l'apport énergétique global. Un véritable gourmand qui a un fort appétit de sang. Lorsque l'apport est insuffisant, le pouls s'affaiblit. Pour satisfaire aux besoins de ce cerveau énergivore, le coeur et les artères doivent fonctionner de manière optimale.

Plus nos neurones développent de liaisons entre eux (les dendrites et les synapses), mieux fonctionne le cerveau. Moins on compte de dendrites et de synapses, moins on a la possibilité de former des canaux de mémoire. Mais plus on se lance de défis intellectuels, plus on crée de liaisons dans son cerveau et meilleure est la mémoire. Le cerveau est, en effet, capable de fabriquer tout au long de l'existence de nouvelles dendrites et synapses. Le meilleur moyen de l'y aider ? Le stimuler en permanence !

Mais l'inverse est également vrai. Les liaisons qui ne sont pas stimulées cessent de se développer ou disparaissent carrément, à l'instar des muscles dont on ne se sert pas.

 Les 5 âges du cerveau
Ces milliards de neurones n'apparaissent pas spontanément. Il faut les fabriquer par des divisions cellulaires successives. 

Les scientifiques distinguent 5 âges, 5 phases dans le développement de notre cerveau. Le premier âge se déroule pendant la grossesse

Les  neurones se fabriquent très tôt dès le vingt-huitième jour de grossesse alors que l'embryon n'est pas plus gros qu'un grain de riz. Notre organisme fabrique son cerveau au taux le plus élevé entre le troisième et le septième mois de la grossesse. 3000 nouveaux neurones sont construits par seconde. Au sixième mois, 90 000 milliards de neurones se sont ainsi formés. Parallèlement des connexions s'établissent entre ces neurones et un réseau se construit. Dès six mois de grossesse, le foetus commence à reconnaître les syllabes prononcés par sa mère.

Le deuxième âge de notre cerveau démarre de la naissance jusqu'à 12 ans. Un nombre extraordinaire de connexions s'établit. Le cerveau est particulièrement malléable à l'apprentissage et aux effets de l'environnement. 

Le troisième âge s'étend de 12 à 25 ans, c'est celui du grand élagage. Le cerveau de l'adolescent sélectionne certaines connexions et en supprime d'autres. Les modifications du comportement corresponde à des modifications de connexion neuronales, qui vont modeler considérablement les régions cérébrales impliquées dans le comportement social. 

Le quatrième âge du cerveau dure entre 25 et 65 ans. L'organe de la pensée est à  son fonctionnement maximal. A partir de 25 ans, si notre cerveau perd des neurones. Toute notre vie nous créeons de nouvelles connexions dans le cerveau. Les scientifiques ont découvert qu'au moins dans deux régions, le cerveau conserve la capacité de produire de nouveaux neurones, qui peuvent réguler des circuits existants et permettent une amélioration de l'apprentissage et de la mémoire. 

À plein régime, il génère environ 250.000 neurones par minute. À titre de comparaison, on perd chaque jour environ 85.000 neurones du néocortex, soit l'équivalent de 31 millions par an. Ou de quasiment un par seconde.

A partir de 65 ans, s'amorce un déclin progressif des capacités cognitives. Ce sont surtout les connexions qui sont altérées à la fin de la vie. Le cerveau a perdu moins de 5% de ses neurones. nos neurones ont tendance à se débrancher les uns des autres, si on ne fait rien avec des capacités intellectuelles qui déclinent. Ainsi, à 80 ans, le cerveau ne représente plus que 70 % de ce qu'il était aux alentours de 20 ou 25 ans. Mais rien n'est inéluctable, on peut continuer à stimuler son cerveau à tout âge. 

Les neurones peuvent vivre des décennies, mais s'ils ne sont pas utilisés, ils disparaissent et meurent beaucoup plus vite. Ce phénomène s'observe également avec l'âge. 

La médecine chinoise a une vision assez différente du cerveau puisqu'elle attribua les fonctions mentales  au Coeur plutôt qu’ au Cerveau (cf. articles Le Cerveau Nao /Nǎo 脑 et Le cerveau triunique et l'âme des organes)

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lundi 21 juin 2021

Le Qi Gong, gymnastique chinoise ? Bonne pour la santé et pour tous les âges ? par Gérard EDDE


C’est une question complexe. Si on entre dans le détail cela devient facile, mais sur le plan général c’est une question qui pour bien y répondre demanderait de nombreuses pages. Je vais prendre un exemple, on entend à la télévision que les carottes, c’est bon pour la santé, ce qui est vrai, mais si on mange trois kilos de carottes tous les jours ce ne sera pas bon pour la santé. Si on boit trois litres d’eau durant la journée, très vite on va tomber malade. De la même façon, on entend que le sport, c’est bon pour la santé, mais lorsqu’il s’agit de sport de haut niveau, qui exige du corps des efforts intensifs, on s’aperçoit que cela peut être préjudiciable à la santé. En fait il en est de même pour tout et donc aussi pour le Qi Gong. Tout cela ne signifie pas que les carottes, l’eau, le sport ou le Qi Gong sont mauvais pour la santé, ce serait faux de penser ça.

Bien sûr que pratiquer le Qi Gong est bon pour la santé. Selon les statistiques, en Chine, au niveau le plus bas, la plupart des gens le pratiquent pour la santé, car ce qu’ils attendent avant tout du Qi Gong c’est une bonne santé et une bonne longévité ; acquérir une bonne longévité est très important en Chine et le Qi Gong est réputé là-bas pour permettre d’allonger la longévité.

En ce qui concerne les aspects spirituels, le renforcement de l’esprit, les capacités martiales… ce ne sont que des bonus, le point principal du Qi Gong c’est la santé. Vivre plus longtemps en meilleure forme, c’est la base de la définition du Qi Gong.

Le mot Qi Gong a été utilisé pour la première fois par les communistes à l’occasion de l’inauguration d’un sanatorium dans le Nord de la Chine en 1957. Dans cet établissement, le Qi Gong devait être pratiqué afin de guérir les malades atteints de maladies graves dites incurables. Ne voulant pas employer les mots anciens comme Dao yin, les autorités ont voulu utiliser un mot nouveau et ont choisi le mot Qi Gong qui n’avait pas été employé depuis 2000 ans et le but était vraiment de mettre en place une pratique pour la santé.

Il peut y avoir dans le Qi Gong des déviations du Qi qui sont dues principalement à des excès de quelque chose. En général c’est plutôt dû à des excès qu’à des manques. Une personne qui fait 10 minutes de Qi Gong par jour ne risque pas une déviation. Ceux qui risquent ces déviations sont ceux qui en font beaucoup, un peu comme le sportif de haut niveau risque de se froisser un muscle s’il le fait mal, c’est exactement la même chose. Les déviations concernent principalement les gens qui forcent, qui veulent aller trop vite et qui veulent des résultats.

On ne peut pas dire que le Qi Gong soit toujours lié au lâcher prise, cela dépend des écoles. Si dans l’école taoïste c’est le Wu Ji, le non-vouloir, dans l’école bouddhiste, en particulier Shaolin, il y a une discipline parfois très difficile qui doit être commencée très tôt dans la vie, à l’adolescence ou jeune adulte. Le lâcher prise n’est valable que dans certains Qi Gong, pas tous. Dans les Qi Gong martiaux ce n’est pas du tout le cas, quand on s’entraîne à la pratique de la chemise de fer ou la main de fer par exemple, on ne peut pas parler de lâcher prise, il y a un but et il faut aller jusqu’au bout. Mais ça fait aussi partie du Qi Gong. 

Le Qi Gong n’existe pas, les Qi Gong existent, il y en a des milliers. C’est une idée vaguement communiste des années 60/70 qui incite tout le monde à faire la même chose, mais c’est faux, cela n’a jamais existé et heureusement cela n’existera jamais car nous sommes tous différents.

En ce qui concerne le terme de gymnastique, je citerai Georges Charles qui a répondu à cela il y a très longtemps. Le terme de gymnastique occidentale vient d’un suédois qui s’appelait Pehr Henrik Ling qui fut le père de la gymnastique « occidentale », non pas d’après les grecs, bien que le mot gymnastique soit grec, mais d’après les chinois, sous l’influence de son ami chinois Ming passionné d’art martiaux. D’ailleurs ce qui caractérisait la gymnastique grecque avait été perdu depuis longtemps. Cela signifierait que la gymnastique occidentale actuelle a été copiée sur un modèle chinois, il y a un siècle et demi à deux siècles. C’est pour cela que le terme « gymnastique » est un peu curieux, c’est un terme grec mais ce sont très certainement des mouvements chinois qui ont été un peu adaptés aux besoins de l’époque, avant le XXème siècle.

Ensuite cela a été repris en France par des mouvements de santé qui étaient principalement des mouvements socialistes pour le développement de la personne et aussi par les nazis en Allemagne (années trente). Cette gymnastique « suédoise » a été énormément reprise, dans le but d’éduquer le peuple ou, pour les nazis, de créer une race (sic) saine, comme les Grecs le disaient aussi.

Dans la gymnastique, il n’y a pas de dimension énergétique, certains parlent de gymnastique chinoise d’autres de yoga chinois, ce dernier terme serait plus près de la vérité étant donné la dimension énergétique du yoga.

La gymnastique chinoise existe mais ce n’est pas du Qi Gong.

L’image vieillotte du Qi Gong avec ses pratiquants en pyjama.

Derrière cette remarque péjorative se cache une certaine envie. Les professeurs d’arts martiaux vieillissants, vers 55 - 60 ans environ, se mettent quasiment tous à pratiquer et à enseigner des exercices énergétiques dits japonais, coréens, vietnamiens ou même chinois, qui correspondent au Qi Gong dont ils connaissent le potentiel. Les gens peuvent parler de « pratiquants en pyjama », se moquer, mais ils pratiquent des techniques issues du Qi Gong sachant parfaitement que c’est bon pour eux et pour leurs élèves lassés de l’art martial.

Cependant la pire chose à faire, et c’est une tendance actuelle, c’est de mélanger les disciplines.

Un proverbe tibétain dit :

« Le lait (de dri, femelle du yack) c’est bon,
la bière tibétaine (chang) c’est bon, mais les
deux mélangées, c’est infect. »

On peut tout mélanger avec du Qi Gong, on peut faire de la psy, on peut faire de la danse… Mais, à cause du cocktail, ce n’est pas obligatoirement bon.

Comment changer l’image,surtout chez les jeunes.

Il est difficile actuellement d’attirer les jeunes vers le Qi Gong, il y a 20 ans dans mes cours, j’en accueillais beaucoup. Actuellement ils semblent plus attirés par le yoga alors que certains cours de yoga allongent leurs pratiquants durant plus d’une heure, ce n’est donc pas l’image du pyjama qui bloque aujourd’hui mais plutôt un phénomène de mode.

Beaucoup de jeunes femmes enceintes se dirigent aussi vers le yoga à cause de la préparation à la naissance, elles peuvent y participer en compagnie de leur mari. Le yoga a très bonne presse à cause de cette préparation.

Il semble que la jeunesse d’aujourd’hui n’est pas comme celle d’il y a vingt ans, elle est très famille, ce qui n’était pas tout à fait le cas avant.

Certains changements de société font que le Qi Gong n’attire pas en ce moment, il est légitime de se demander pourquoi. La plupart des jeunes qui viennent pour s’inscrire à des cours nous disent : « Je veux faire du Tai Chi », nous leur disons : « Si vous voulez, mais si vous faites du Qi Gong avant vous serez bien meilleurs en Tai Chi que si vous faites du Tai Chi directement ».

Cela, ils ont du mal à le comprendre. Il n’est pas évident de changer l’image. Cependant pour y arriver nous avons plusieurs pistes. Je pense qu’il faut présenter le Qi Gong comme étant une pratique proche de la nature, proche du chamanisme ancien. Ce qui est vrai. 

L’évolution du Qi Gong en Chine.

Il faut bien dire que le communisme a fortement détérioré le Qi Gong. Le Qi Gong qui a été pratiqué ces trente dernières années est un Qi Gong fortement abîmé par rapport au Qi Gong du siècle passé. Beaucoup de l’essence du Qi Gong, bien au-delà de la dimension spirituelle, a été gommé au moment de la révolution culturelle.

J’étais en Chine dans les années 80/90 et je n’avais vraiment pas envie de faire du Qi Gong. Voir tous ces gens, 40 personnes ou plus, en train de faire le même geste, comme des robots, m’était pénible, ce n’était vraiment pas engageant.

Pratiquer ainsi, c’est être à l’inverse de l’idée taoïste disant que chaque personne est différente et doit exprimer l’énergie de façon différente.

Et là je vais être méchant, je pense qu’en France, beaucoup de professeurs de Qi Gong en général, sont entrés malheureusement dans le moule chinois du siècle dernier, un modèle hyper structuré, directif, j’allais dire dictatorial. Il n’y a rien de pire par exemple que d’écouter certains DVD sur les six sons ou les brocards avec une musique insupportable, une voix criarde, vous disant exactement ce que vous devez faire et à quel moment, c’est catastrophique et ça provoque des déviations. Je dirais que pour moi le Qi Gong moderne est une déviation. Pas le vrai. Le Qi Gong tel qu’il est pratiqué en Chine dans les monastères ou dans les villages, ça c’est authentique, mais celui enseigné dans les écoles et les Universités à Pékin, Shangaï, Canton, où l’on formate les élèves, et ça aussi c’est une déviation.

Par exemple, faire pratiquer la posture dite de l’arbre (sic).
Dans cette posture, les mains sont tournées vers soi et se situent au niveau du cœur cela, pour un débutant, c’est extrêmement dangereux car cela amène tout de suite le Qi à monter vers le cœur alors qu’au contraire, le débutant doit renforcer la base, c’est-à-dire le ventre, le dan tian inférieur. C’est ce que disent les taoïstes et ils sont sur ce point-là absolument en conflit avec le Qi Gong moderne : « On ne doit jamais faire pratiquer la posture de l’arbre à un débutant ».

Chez un débutant, le Qi ne doit pas monter tout de suite, il faut d’abord assurer le bas de la pagode, il faut que la structure soit forte solide, les jambes, le ventre. Donc l’arbre est une posture de deuxième niveau. Mettre les mains au niveau du cœur fait monter le Qi dans le cœur et les poumons. En médecine chinoise, le cœur c’est l’hystérie et les poumons la tristesse, et l’ensemble, hystérie contre tristesse, va provoquer la colère, donc nuire au foie qui est juste à côté, juste en dessous. En faisant pratiquer ainsi un débutant, on risque de faire monter chez lui des émotions négatives conflictuelles, un peu comme une vapeur. Bien évidemment on travaille encore moins la tête au début, sinon autant prendre de l’opium directement ! Ça ce sont de vraies déviations.

Une autre déviation très fréquente dans les Qi Gong modernes, c’est quand les gens mettent le Qi avec leur volonté, par exemple on leur dit « mettez le Qi dans le ventre » alors ils vont complètement se concentrer, se polariser à 100 % sur le ventre avec la pensée. Ça n’est pas du tout ça. Il faut ressentir le ventre et non pas, par la volonté, y amener quelque chose qui n’existe pas, une pure illusion, pratiquer ainsi est nocif.

On ne manipule pas le Qi, on coopère avec lui, si on ne coopère pas on a des effets négatifs. Le Qi c’est sérieux et profond comme la nature, ce n’est pas un sérieux intellectuel.

À cause d’une mauvaise traduction, les profs disent souvent « mettez le yi dans le ventre », non on ne dit pas le yi, on dit le Yi Zi, Yi (imagination) Zi ou Tse (la vision) ce qui signifie en fait le rêve. Si on met le rêve dans le ventre ça se passe très bien, si on met la volonté ça se passe mal.

Voilà pourquoi le travail des jambes est très important pour un débutant, car le Qi va monter des jambes.

Je crains que ma vision des choses ne soit en conflit avec beaucoup de professeurs en France.


Les principales causes des déviations et leurs remèdes.

Voici une liste des causes des déviations dans le Qi Gong :

- La posture arbre pratiquée prématurément

- Tenir les pieds parallèles ce n’est pas bon, fixer les genoux, les débutants doivent bouger les genoux

- La rigidité de la ceinture

- Pratiquer dans le vent, les courants d’air, l’air conditionné

- Pratiquer pendant la digestion

- Avoir une respiration insuffisante (avec la lenteur la respiration est souvent trop faible)

- Avoir trop de concentration

- L’attachement au Qi. Un proverbe chinois dit : « si on veut se saouler on prend du saké, on ne fait pas du Qi Gong »

- L’attachement au maître (chaque personne est différente, il faut faire attention et ne pas suivre le maître comme un idiot, c’est très important)

- Le fanatisme et le fondamentalisme dans le Qi Gong, que l’on trouve dans certaines écoles ; je le dis sans ambages, il faut faire attention

Le premier remède, en amont, c’est d’éviter de pratiquer les causes qui créent des déviations.

Lorsqu’elles sont là, des exercices spécifiques permettent d’y remédier.

Les Tigres jaunes et le Qi Gong forcé.

Dans les Qi Gong des arts martiaux il peut y avoir des déviations dangereuses, voire mortelles parfois, surtout dans l’école de Shaolin.

Chez certains maîtres anciens, que l’on appelait les « tigres jaunes » parce qu’ils avaient le teint très jaune du fait que l’énergie de leur foie attaquait la rate. En fait ils avaient trop pratiqué

avec la volonté, le désir de gagner et aussi avec la force de la colère. Certes ils étaient très puissants, avaient des résultats, mais ils mouraient entre 40 et 50 ans, en général de tumeur ou d’Accident Vasculaire Cérébral. Ces accidents étaient très courants dans le passé dans ce qu’on appelle le « Qi Gong forcé ».Il faut noter que plus on s’intéresse au Qi Gong plus il y a de risques et plus il faut être vigilant.

« Il y a toujours une montagne derrière la montagne »


Quand on ne se contente pas seulement donner des cours, mais quand on pratique aussi pour soi-même, on s’aperçoit qu’il y a toujours des obstacles à dépasser.

Comme on le dit en Chine :
« Il y a toujours une montagne derrière la montagne ».

Face aux obstacles, soit on recule, soit on trouve un moyen pour les dépasser, et ça c’est intéressant. On ne cesse d’apprendre, de chercher et de trouver.

Dompter le tigre et réveiller le dragon.

Pour les taoïstes, il existe trois niveaux de pratique :

- Cultiver le corps et rattraper l’hérédité, réclamer son héritage, c’est-à-dire prendre ce qui est bon dans l’hérédité et lâcher ce qui est mauvais. Cela signifie : profiter de la vie que nous ont donnée nos ancêtres sans en prendre les travers ;

- Calmer les cinq émotions conflictuelles de façon à purifier le Qi, ça c’est de l’alchimie, ce qui est grossier au départ, puissant mais grossier, on va essayer de l’affiner, déjà pour vivre mieux ;

- Voler dans le ciel, ne plus s’enraciner.

Toutefois, pour un jour s’envoler, il faut avoir eu une bonne base, une rampe de lancement parfaite et cette rampe c’est la base du débutant, le dan tian inférieur, le ventre.

Cela passe par l’acceptation d’une part de l’hérédité et le rejet de la partie dont on ne veut pas. Cela se dit : dompter le tigre et réveiller le dragon.

Si on pousse loin le Qi Gong c’est de l’alchimie, une transformation complète.

La question des déviations est intéressante. Les chinois ont écrit des livres entiers sur le sujet, mais hélas ces livres ne sont pas encore traduits.

La formation des professeurs.
Le sujet des déviations nécessiterait un week-end entier de formation pour en définir les causes et parler des remèdes à apporter quand elles apparaissent. Car il y a des remèdes autres que d’arrêter le Qi Gong.

Une déviation très classique, c’est l’exemple du stress de la personne qui se presse pour arriver au cours après son travail. À peine se trouve -t'elle dans une posture classique, tout de suite sa tête se met à tourner et elle tombe. Ce qu’il faut faire pour éviter cela, c’est tout simplement prévenir et conseiller de s’asseoir dès qu’apparaît le moindre symptôme du malaise (étourdissement, nausée). 

Faute d’être prévenues les personnes qui commencent à ressentir un malaise persistent à rester debout en pensant qu’elles doivent continuer. Ce trouble est le signe que le Qi fait son travail ce qui est bien et indique que ces personnes ont vraiment besoin de la pratique. Avec ces quelques précautions, on peut leur éviter le malaise.

Quelques exemples de précautions simples :

- Pour les cardiaques pas de mains au-dessus de la tête au début, après oui ;

- Ne pas manger avant le cours ;

- Ne pas prendre de boisson glacée avant le cours ;

- Ne pas venir au cours le ventre vide.

Quel Qi Gong pour qui ?

C’est un vaste sujet car les Qi Gong sont multiples et illimités en nombre. Classifier les Qi Gong selon les maladies, les chinois l’ont fait et l’on peut se référer à des travaux chinois traduits en anglais pour la plupart, tout cela existe.

Ce sont de gros ouvrages de 500/600 pages avec un index thérapeutique à la fin, préconisant quel Qi Gong est bon pour quelle maladie.

Cela est à la fois bien et pas bien.

Un professeur n’est pas sensé connaître tous les Qi Gong du monde, s’il les connaît tous c’est qu’il est mauvais en tous. Il a forcément une attirance pour une école particulière, soit bouddhiste, transformation des moelles, écoles taoïstes... Normalement chaque professeur doit avoir une panoplie de Qi Gong pour tout le monde, mais en même temps il n’est pas censé remplacer le médecin. Nous ne sommes pas là pour dispenser des cours spécifiques autour de telle ou telle maladie.

Cela ne peut pas fonctionner comme ça dans le cadre d’un cours collectif.

Pour conclure on peut dire que le Qi Gong c’est pratiquer des mouvements de santé basés sur la connaissance de l’énergétique chinoise en prenant quelques précautions avec les débutants.

Si le Qi Gong a réveillé une douleur ancienne, provoqué un vertige, un sentiment ou une émotion enfouie, c’est que la personne a besoin du Qi Gong.

Né en 1947, Gérard Edde s’est entièrement axé vers les méthodes naturelles de santé, surtout celles d’origine chinoise. De nombreux voyages professionnels en Asie du Sud-Est lui ont permis de découvrir l’ensemble des méthodes thérapeutiques orientales, tant par l’acupuncture que par l’alimentation naturelle, la phytothérapie et les exercices de santé. Il a complété sa formation avec plusieurs grands professeurs orientaux : les docteurs Vasant Lad et Trivédi pour l’Ayur-Veda, le docteur Lu pour la thérapie chinoise et le lama-médecin Trogawa Rimpoche pour la médecine tibétaine. Ces dernières années, il a également rencontré les plus grands chercheurs en médecine traditionnelle, tels le docteur Bhagwan Dash (Inde), le docteur Motoyama (Japon) et le docteur Wu Wei Ping (Chine).

Gérard Edde est diplômé du North American College of Chinese herbalism et du North American College of Chinese manipulative therapy (Vancouver), de la Chiansi University (Taiwan) et enseignant diplômé en Pratiques Thérapeutiques Taoïstes Quanzhen Longmen (Hong Kong). Au sein de plusieurs associations, il enseigne les thérapies orientales au public français, par des stages. Auteur de plusieurs ouvrages à succès, Gérard Edde s’applique à restituer ces enseignements orientaux millénaires d’une façon applicable en Occident, mais sans en perdre le contenu essentiel sous prétexte de « vulgarisation ».

École Dragon Céléste, www.dragonceleste.com

agrée par L’union Pro Qi Gong FEQGAE