lundi 29 juin 2020

Huit Règles Thérapeutiques en acupuncture

1. Sudorification (Han Fa) : méthode pour libérer la surface
2. Vomification (Tu Fa)
3. Purgation (Xia Fa)
4. Harmonisation (He  Fa)
5. Réchauffement (Wen Fa)
(6. Clarification (Qing Fa)
7. Dispersion (Xiao Fa)
8. Tonification (Bu Fa)

Ces huit méthodes correspondent aux grandes méthodes fondamentales de traitement en médecine chinoise. Elles sont décrites ci-dessous avec leurs applications pratiques.

1. Sudorification (Han Fa) : méthode pour libérer la surface
La sudorification est une méthode permettant de libérer la superficie (Jie Biao). Lorsque les perversités exogènes agressent l'organisme, elles se situent en général, au début de l'affection, au niveau de la peau et des poils, puis elles pénètrent de la superficie vers la profondeur. Si les perversités sont limitées à la superficie de la peau et qu'elles n'ont pas encore envahi la profondeur, il faut traiter par la sudorification afin de libérer la partie externe.

 Le but du traitement est ainsi de maîtriser l'affection dès le stade initial. Il est dit : «Ceux qui savent traiter agissent dès que l'affection est au niveau de la peau et des poils». «Lorsque l'affection est au niveau de la peau et des poils, il faut la dissiper par la sudorification».

La fonction essentielle de la sudorification est de chasser les perversités situées en surface, elle est donc utilisée principalement dans les syndromes de superficie. Par ailleurs, grâce à l'action d'harmonisation du nutritif et du défensif, la sudorification permet aux perversités d'être éliminées en partie par l'eau et en partie par la peau. Pour cette raison, cette méthode peut être utilisée dans le traitement de certaines formes d’œdèmes, au stade initial de la formation d'abcès cutanés ainsi qu'au début de la variole et de la rougeole, avant que ne se manifestent les éruptions sérieuses, à la seule condition que ces affections présentent les signes caractéristiques des syndromes de superficie.


Libérer la surface par des substances piquantes et tièdes (Xin Wen Jie Biao)
C'est la méthode utilisée pour traiter un syndrome de froid/surface qui présente les symptômes suivants : forte aversion pour le froid, absence de transpiration ou transpiration spontanée, maux de tête, obstruction nasale, courbatures des quatre membres, absence de soif, enduit lingual mince et blanc, pouls superficiel et serré.
Points principaux : VB20 Feng Chi, VG16 Feng Fu et TR5 Wai Guan.
Points associés : Tai Yang en cas de céphalées, GI11 Qu Chi en cas de courbatures des quatre membres.

Libérer la surface par des méthodes piquantes et fraîches (Xin Liang Jie Biao)
C'est la méthode utilisée pour traiter un syndrome de chaleur/surface en présence des symptômes suivants : forte fièvre, légère crainte du froid, soif, gorge rouge et douloureuse, corps de la langue rouge, enduit lingual mince et jaune, pouls superficiel et rapide.
Points principaux : VG14 Da Zhui, GI11 Qu Chi et  GI4 He Gu.
Points associés : saignée du P11 Shao Shang en cas de gorge douloureuse, P7 Lie Que en présence de toux,Tai Yang si céphalées.
En fonction de la constitution du patient et des symptômes présents au moment de la consultation, on peut associer un traitement de l’Intérieur :
− Vide de Qi : associer E36 Zu San Li et VC6 Qi Hai.
− Stagnation du Qi : MC6 Nei Guan.
− Vide de Sang : E36 ZuSan Li et Rte6 San Yin Jiao.
− Stase de la nourriture : VC12 Zhong Wan et E36 Zu San Li.
− Excès de Chaleur : GI11 Qu ChiGI4 He Gu et saignée des points Shi Xuan.

Contre-indications de la sudorification
Lorsque la perversité de surface est déjà éliminée, lorsque l'éruption de la rougeole est complète, lorsque les abcès se sont déjà vidés, en cas de vomissements et de diarrhées, au stade terminal des affections de chaleur, en cas d'insuffisance des liquides, lors de syndromes de chaleur caniculaire.

2. Vomification (Tu Fa)
La vomification est une méthode qui permet, grâce à l'utilisation de certains produits, de régurgiter et ainsi d'évacuer par la bouche, des mucosités, des stagnations alimentaires et des matières toxiques stagnant dans la gorge, dans le thorax et la cavité stomacale. Cette méthode a pour objet d'atténuer la virulence de l'affection et de la guérir. Il est recommandé : d’«Evacuer par le haut ce qui se trouve dans la partie supérieure» Su Wen.
Les indications essentielles sont : les accumulations de mucosités, l'obstruction de la gorge due à une stagnation de mucosités, la stagnation d'aliments dans l'estomac, l'ingestion de substances toxiques se trouvant encore dans l'estomac.
L’acupuncture est peu utilisée dans les cas de vomification.

La purgation est une méthode permettant de traiter les syndromes de plénitude en profondeur, en purgeant et en éliminant par les selles, les perversités liées à des excès et les accumulations. C'est là le sens de ces extraits du Su Wen : «Evacuer par le bas ce qui se trouve au niveau inférieur». «Pratiquer la purgation de l'interne quand le centre est plein».
La purgation a pour fonction essentielle d'éliminer les stagnations, de chasser la chaleur de plénitude, de disperser les accumulations d'eau et de froid. Ses indications sont les suivantes : accumulation dans l'estomac et les intestins, stagnation interne de chaleur en excès, constipation ou accumulation de froid, rétention d'eau.

1) Purger en rafraîchissant (Han Xia)
C'est une méthode utilisée pour traiter les syndromes de Chaleur interne Plénitude, quand chaleur et plénitude sont mêlées, entraînant les symptômes suivants : fièvre, agitation et soif, maux de tête et yeux rouges, troubles de l'esprit et discours incohérent, sensation de plénitude, de gonflement et douleurs au niveau de l'abdomen, constipation, enduit lingual jaune brûlé. Cette méthode est employée également en cas de chaleur toxique pénétrant dans le sang, syndrome au cours duquel le sang chaud divague et qui s’accompagne des signes suivants : épistaxis, hémoptysie, hématémèse, éruptions si les remèdes qui clarifient la chaleur, chassent les toxines et rafraîchissent le sang n'ont pas été efficaces. On utilise également cette méthode en présence d'un syndrome de chaleur bloquée dans l'Estomac ou d'un syndrome de feu de plénitude du Foie et de la Vésicule Biliaire, dont témoignent les symptômes suivants : gorge enflée et douloureuse, ulcérations dans la bouche et sur la langue, gonflements douloureux et saignements des gencives, sensation d'oppression et de chaleur au niveau thoracique, mauvaise haleine et constipation, ou maux de tête et visage rouge, sifflements et bourdonnements d'oreilles, surdité, nervosité Xin Fan et tendance colérique.

2) Purger en réchauffant (Wen Xia)
Cette méthode est utilisée pour traiter les syndromes d'excès et de stagnation du froid dans l'Estomac et les Intestins, dont témoignent les symptômes suivants : douleurs pongitives gastriques et abdominales aggravées à la palpation, constipation, extrémités des membres froides, pouls tendu et serré. Cette méthode est également employée en cas de froid par insuffisance de la Rate et de l'Estomac, quand les fonctions de transport et de transformation sont désorganisées, et que le froid s'accumule dans les Intestins et l'Estomac. On observe alors les symptômes suivants : douleurs abdominales améliorées par la chaleur, ventre dur en profondeur, soif de boissons chaudes, constipation ou défécation difficile, crainte du froid et membres frais, enduit lingual blanc et glissant.
Points principaux : 25 V (Da Chang Shu)E25 Tian Shu, TR6 Zhi Gou, VC8 Shen Que et VC6 Qi Hai.

3) Purger en humectant (Run Xia)
Cette méthode est surtout employée dans les syndromes de constipation liée à la faiblesse de l'organisme, la purgation étant plus douce et plus lente. Elle est indiquée chez les personnes âgées, les femmes enceintes chez lesquelles l’acupuncture est peu utilisée, ou les nouvelles accouchées, dans le cas de constipation due à l'insuffisance des liquides organiques ou de constipation chronique.
Points principauxV20 Pi Shu, V21 Wei ShuRte6 San Yin Jiao et R6 Zhao Hai.

L'harmonisation est une méthode de traitement consistant à régulariser, dénouer les stagnations, disperser et harmoniser. Son but est de régler les mouvements de l'énergie, de soutenir le droit et de chasser le pervers afin de rétablir le fonctionnement normal de l’organisme. Le rôle essentiel de l’harmonisation est de régulariser le Shao Yang, d'harmoniser l'Intestin et l'Estomac, le Foie et la Rate. Il est ainsi possible d'utiliser cette méthode en cas d'affection du Shao Yang, de dysharmonie entre le Foie et la Rate ou entre le Foie et l'Estomac, et en cas d’agression de l'Intestin et de l'Estomac par les perversités.

1) Régulariser le Shao Yang
Cette méthode est surtout utilisée pour traiter les syndromes mi-surface, mi-profondeur des affections du Shao Yang dans lesquels on observe les symptômes suivants : alternance de sensations de froid et de chaleur, impression de plénitude et d'oppression au niveau de la poitrine et des flancs, agitation et vomissements fréquents, anorexie mentale, bouche amère et gorge sèche, éblouissements, pouls tendu.

2) Harmoniser la Vésicule biliaire et l’Estomac

3) Harmoniser le Foie et la Rate (ou l'Estomac)
Cette méthode est essentiellement utilisée pour traiter les syndromes de dysharmonie entre le Foie et la Rate dont témoignent les symptômes suivants : dépression, sensation de gonflement, de plénitude et de douleurs au niveau du thorax et des flancs, douleurs abdominales et diarrhées, ou apparition de douleurs abdominales et de diarrhées à chaque épisode de dépression et de colère. Les symptômes de dysharmonie entre le Foie et l'Estomac sont : la dépression, une sensation de gonflement, de plénitude et de douleur au niveau du thorax et des flancs, de l’inappétence et des nausées, des éructations et régurgitations acides, des douleurs de la cavité gastrique.
Points principaux : F2 Xing JianMC6 Nei GuanVC12 Zhong Wan et E36 Zu San Li).
En cas de menstruations irrégulièresRte6 San Yin Jiao.

4) Harmoniser l'intestin et l'Estomac
C'est une méthode essentiellement employée quand les perversités agressent l'intestin et l'Estomac, y provoquant un dysfonctionnement; la chaleur et le froid se mêlent, et les mouvements de montée et de descente du Foyer moyen sont perturbés. Les symptômes suivants apparaissent : estomac dur et plein, nausées et vomissements,borborygmes, diarrhées et douleurs abdominales.

5. Réchauffement (Wen Fa)
La méthode par réchauffement, appelée aussi «méthode pour chasser le froid», consiste à utiliser des remèdes de nature tiède ou chaude afin d'éliminer le froid pervers et de tonifier l'énergie yang. C'est le sens de cette citation du Su Wen : «Traiter le froid par la chaleur».
Le rôle essentiel du réchauffement est de tiédir le centre afin de disperser le froid, de faire revenir le yang pour sauver le malade, de réchauffer les méridiens pour chasser le froid, de réchauffer le yang pour faire circuler l'eau.
Cette méthode est donc employée en cas de froid ou d'insuffisance au Foyer moyen, de déficience du yang et de prépondérance du Yin, de fuite et de quasi épuisement du yang, de conglomération de froid dans les vaisseaux, de débordement de l'eau dû à la déficience du Yang.

1) Faire revenir le Yang pour sauver le malade
Cette méthode est employée essentiellement lors des syndromes de prépondérance interne de froid yin, d'affaiblissement de l'énergie yang ou de fuite et d'épuisement du yang. Les symptômes observés sont les suivants : crainte du froid, attitude "couchée en chien de fusil", quatre membres froids, vomissements, diarrhée lientérique, douleurs abdominales, fatigue physique et mentale, soif ou absence de soif, pouls profond, menu et fin.
Points principauxVC8 Shen QueVC6 Qi HaiVC4 Guan Yuan et E36 Zu San Li.
Moxibustion et tonification.

2) Réchauffer le Yang pour chasser le Froid
Cette méthode est essentiellement utilisée pour traiter les syndromes de déficience de l'énergie yang, lorsque le froid atteint les vaisseaux et rend la circulation du sang insuffisante.
Les symptômes en sont le refroidissement des membres et extrémités qui prennent une coloration violette, un pouls fin, semblant sur le point de s'arrêter. Cette méthode est également indiquée dans les cas d'obstruction par le vent, l'humidité et le froid, quand le froid est prédominant et que l'on relève douleurs et froid au niveau des articulations et des muscles, extension et flexion difficiles, l’ensemble de ces signes étant atténués par la chaleur.
Points principauxV20 Pi ShuRte6 San Yin JiaoE36 Zu San LiVC12 Zhong Wan et VC6 Qi Hai. Moxibustion et tonification.

3) Réchauffer pour dissoudre les Glaires
Points principaux VC12 Zhong WanV21 Wei Shu,V20 Pi Shu, E40 Feng Long, Rte9 Yin Ling Quan et E36 Zu San Li. Moxibustion et tonification.

4) Réchauffer le Yang pour faire circuler le Qi
C'est une méthode surtout destinée à traiter l'insuffisance de l'énergie yang et le dysfonctionnement des activités de transformation du yang qui provoquent des syndromes de rétention des liquides. On observe les symptômes suivants : dysurie, les quatre membres sont lourds et douloureux, douleurs abdominales, diarrhée, ou œdèmes superficiels des membres, teint pâle, extrémités froides et crainte du froid, langue pâle, pouls profond et menu.

Points principauxV23 Shen ShuVC6 Qi HaiRte6 San Yin Jiao et VG4 Ming Men. Moxibustion et tonification.


6. Clarification (Qing Fa)
La clarification est une méthode de traitement consistant à utiliser des médicaments de nature fraîche et froide afin de rafraîchir la chaleur. C'est le sens de cette citation du Su Wen : «Traiter la chaleur par le froid».

Le rôle essentiel de la clarification est de rafraîchir la Chaleur et de disperser le Feu, de refroidir le sang, d'éliminer les toxines et de sauvegarder les liquides physiologiques. Cette méthode est donc indiquée dans tous les syndromes de chaleur interne tels que chaleur au niveau de la couche de l'énergie, chaleur dans la couche nourricière et la couche du sang, chaleur toxique, Chaleur/Humidité, chaleur dans les organes et les Entrailles, chaleur caniculaire et chaleur par déficience.

1) Rafraîchir la chaleur et éliminer les toxines
Ces méthodes sont employées pour traiter les syndromes de chaleur en excès dus à la chaleur toxique des maladies épidémiques pestilentielles, des maladies épidémiques de chaleur, des syndromes yang et d’abcès pulmonaire, des diarrhées sanguinolentes et purulentes, des stranguries dues à la chaleur. On observe les symptômes suivants : agitation et folie, vomissements de sang et éruptions cutanées, gonflements, douleurs, suppurations, ulcérations et fièvre.

1-1) Chaleur corporelle et enflure douloureuse de la gorge
Points principaux : saignée du P11 Shao ShangGI4 He Gu, TR17 Yi Feng et GI11 Qu Chi.

1-2) Abcès, furoncle ou rougeur
Saignée sur les VG14 Da ZhuiGI4 He Gu et V40 Wei Zhong.

1-3) Diarrhées sanguinolentes et purulentes
E25 Tian ShuVC4 Guan YuanE36 Zu San LiGI4 He Gu et GI11 Qu Chi.


2) Rafraîchir la chaleur de la couche de Qi
C'est une méthode employée lors d'un syndrome de chaleur au niveau de la couche de l'énergie. Les symptômes observés sont les suivants : forte fièvre, agitation et soif, transpiration abondante, enduit jaune, pouls vaste, grand, glissant et rapide. Elle est utilisée également lors d'une maladie de chaleur, quand cette chaleur n'est pas totalement éliminée, et s'accompagne d'agitation et d'irritabilité.
Points principauxGI4 He Gu(-), GI11 Qu Chi(-), E44 Nei Ting (-) et R7 Fu Liu(+).

3) Clarifier la couche nourricière, rafraîchir la couche du Sang
Technique utilisée pour traiter les syndromes de pénétration de chaleur perverse dans la couche nourricière ou dans la couche du sang. On observe les symptômes suivants : corps chaud, agitation, soif ou absence de soif, perte de conscience et paroles incohérentes, vomissements de sang et éruptions cutanées, langue rouge cramoisie, pouls fin et rapide.

4) Clarifier la Chaleur dans les Organes et les Entrailles
Cette méthode est utilisée quand la chaleur perverse prépondérante se transforme en chaleur/feu dans certains Organes ou certaines Entrailles. Les manifestations cliniques différant selon la localisation de la chaleur perverse dans tel organe ou tel viscère, les traitements varient également. Ainsi, en présence de chaleur dans le méridien du cœur, on observe les symptômes suivants : soif et visage rouge, agitation et sensation de chaleur au niveau du cœur et de la poitrine, désir de boire des boissons fraîches, ulcérations sur la langue et dans la bouche, urines rouges et mictions courtes, difficiles et douloureuses.

4-1) Clarifier la Chaleur du Foie
En présence de chaleur et d'humidité, ou de feu en excès dans le Foie et la Vésicule Biliaire, les symptômes suivants apparaissent : douleurs des flancs et maux de tête, bouche amère et yeux rouges, surdité et gonflement des oreilles, ou dysurie et urines troubles, démangeaisons et œdèmes au niveau des organes génitaux externes, leucorrhées, langue rouge et enduit jaune, pouls tendu et rapide.

4-2) Clarifier le Feu du Poumon
En cas de feu enfoui dans le Poumon ou d'abcès pulmonaire, apparaissent des symptômes tels que toux et respiration rapide, peau chaude, fièvre aggravée l'après-midi, langue rouge, enduit lingual jaune, pouls fin et rapide, ou toux et vomissements de mucosités jaunes, fétides, mêlées de sang et de pus, douleur sourde dans la poitrine s'accentuant lors des accès de toux, langue rouge avec enduit jaune et gras, pouls glissant et rapide.

4-3) Clarifier le Feu du Cœur

La dispersion revêt deux aspects : disperser et détruire ou casser. Cette méthode consiste à employer des médicaments qui dissipent les stagnations alimentaires, dispersent, amollissent et dissolvent les amas afin d'éliminer les substances nocives de l'organisme. C'est le sens de ces extraits du Su Wen : «Disperser le dur», «Dissiper les stagnations».
Le rôle essentiel de la dispersion est de faire circuler la stagnation alimentaire, de disperser les masses et de dissoudre les amas, de ramollir le dur et de dissiper les nouures, de résoudre les abcès et d'éliminer le pus. Ainsi la dispersion peut être employée dans les obstructions et les masses liées à l'énergie, au sang, aux mucosités, à l'humidité et à l'alimentation.
Par ailleurs, il faut remarquer que bien que la dispersion et la purgation aient toutes deux pour but de chasser des perversités matérielles, en clinique leurs emplois diffèrent. La purgation est une méthode d'attaque violente utilisée
lors de cas aigus de constipation, d'amas de sang, d'accumulation de mucosités et de rétention d'eau. La dispersion est une méthode qui dissipe de manière lente et n’a pas d’indications dans les cas aigus, mais s’utilise plutôt dans les cas chroniques de stagnation, d'accumulation, de gonflement et de plénitude.

1) Dissiper les stagnations alimentaires
C'est une méthode employée dans les syndromes d'indigestion et de stagnation alimentaire accompagnés des symptômes suivants : sensation de plénitude et d'oppression au niveau du thorax et de l'estomac, distension et douleurs abdominales, éructations avec odeur de putréfaction, régurgitations acides, nausées et vomissements, dégoût alimentaire, diarrhée ou constipation, enduit MC6 Nei Guan, E25 Tian ShuVC12 Zhong WanE36 Zu San Li  et E21 Liang Men.

2) Disperser les masses et dissoudre les amas
Cette technique est utilisée lors des syndromes d'indigestion et d'accumulation interne dus à l'insuffisance de la Rate et de l'Estomac, et s’accompagnant des symptômes suivants : prise alimentaire réduite et digestion difficile, sensation de plénitude et de gonflement au niveau de l'estomac et de l'abdomen, manque d'appétit et digestion incomplète, selles difficiles à expulser ou selles molles, enduit lingual jaune et gras, pouls plein.

8. Tonification (Bu Fa)  
La tonification est une méthode thérapeutique consistant à employer des remèdes tonifiants, indiqués dans les cas d’insuffisance du yin, du yang, de l'énergie, du sang ou d'un organe. Il est dit dans le Su Wen : «S'il y a déficience, il faut tonifier».
Le rôle essentiel de la tonification est de combler l'insuffisance de l'énergie et du sang, de rétablir l'équilibre entre le yin et le yang, afin de recouvrer l'état normal. Par ailleurs, quand l'énergie droite est trop faible pour chasser les perversités stagnantes, l'emploi de la tonification permet au droit de se rétablir et de chasser le pervers, ce qui est contenu dans cette l'expression : «Tonifier le droit pour chasser la perversité». Ainsi cette méthode n'a pas seulement un rôle de tonification de l'insuffisance ou de soutien de la faiblesse, mais également, indirectement, celui de chasser les perversités. La méthode de tonification est indiquée dans les syndromes de déficience du yin, du yang, de l'énergie, du sang et des liquides organiques dus à l'insuffisance du ciel antérieur ou au dysfonctionnement du ciel postérieur.

1) Tonification de Qi

1-1) Tonifier le Qi du Cœur
MC6 Nei GuanC7 Shen MenE36 Zu San LiV15 Xin Shu et V14 Jue Yin Shu.

1-2) Tonifier le Qi de la Rate
VC12 Zhong WanVC6 Qi HaiE36 Zu San LiV20 Pi Shu et Rte4 Gong Sun.

1-3) Tonifier le Qi de l’Estomac
VC12 Zhong WanVC6 Qi HaiE25 Tian Shu et E36 Zu San Li.

1-4) Tonifier le Qi du Poumon en cas de vide du Poumon manifesté par la toux et la dyspnée
V23 Shen Shu,R3 Tai XiV13 Fei Shu et P7 Lie Que.

1-5) Tonifier le Qi du Rein

2) Tonification du Yang

2-1) Tonifier le Yang du Cœur
V15 Xin ShuC7 Shen MenMC6 Nei Guan et VC14 Ju Que.


2-2) Tonifier le Yang de la Rate
V20 Pi ShuVC12 Zhong Wan), VC4 GuanYuanE36 Zu San LiMC6 Nei Guan et Rte6 San Yin Jiao.

2-3) Réchauffer le Yang et fortifier le Sang en cas de vide de Yang de la Rate et de l’Estomac

2-4) Tonifier le Yang du Rein

3) Tonification du Sang

3-1) Tonifier le Sang du Cœur
C7 Shen MenMC6 Nei Guan, V17 Ge ShuE36 Zu San Li et VC6 Qi Hai.

3-2) Tonifier le Yin du Cœur en cas de vide de Sang du Cœur accompagné de production interne de Chaleur
MC6 Nei GuanC7 Shen Men, R7 Fu Liu et Rte6 San Yin Jiao.

3-3) Tonifier le Yin du Foie en cas de vide de Sang du Foie accompagné de production interne de Chaleur
MC6 Nei Guan, V18 Gan Shu, V23 Shen Shu, Rte6 San Yin Jiao et E36 Zu San Li.

3-4) Tonifier le Yin de l’Estomac
E36 Zu San LiVC12 Zhong Wan,Rte9 Yin Ling Quan et V21 Wei Shu.

3-5) Tonifier le Yin du Poumon

3-6) Tonifier le Yin du Rein
V23 Shen ShuRte6 San Yin Jiao,R3 Tai Xi, TR3 Zhong Zhu.


Les aiguilles d'acupuncture

Anciennement, les acupuncteurs chinois disposaient d'un plus grand arsenal d'aiguilles ou de petits couteaux puisqu'ils devaient régulièrement effectuer de petites chirurgies, ouvrir des abcès, faire des saignées, etc. Un vieux traité de médecine, le Huang Di Nei Jing Su Wen, mentionne neuf aiguilles aux dimensions et longueurs différentes. 

Parmi celles-ci, l'aiguille Hao Zhen (l'aiguille fine) est l'outil principal des acupuncteurs d'aujourd'hui. Les aiguilles modernes sont très minces : à peine trois fois plus grosses qu'un cheveu et beaucoup plus fines qu'une aiguille de seringue, par exemple.

Structure et dimensions de l’aiguille Hao 
L’aiguille Hao est l’instrument principal de l’acupuncture. Elle est l’une des neuf aiguilles de l’antiquité. 
Les aiguilles d'acupuncture sont composées de cinq parties : la pointe, le corps, la racine, le manchon et la queue. 











Les aiguilles Hao les plus fréquemment utilisées sont longues de 1,5 à 3 cun (40 à 75 mm) et ont un diamètre de 0,32 à 0,45 mm, correspondant aux numéros 26 à 30 (U.S.).
Taille des aiguilles

Matière et entretien des aiguilles
 Les aiguilles peuvent être fabriquées de différents métaux : or, argent, fer, zinc, cuivre, molybdène et cobalt, mais de nos jours, la grande majorité sont faites d'acier inoxydable. Elles sont stériles et à usage unique, ce qui élimine tout risque de transmission de maladie. L'acier inoxydable est idéal pour l'acupuncteur, car c'est un métal résistant et flexible, qui ne rouille pas. Plusieurs aiguilles possèdent un corps en acier inoxydable et un manchon en alliage de cuivre.C'est l'acier inoxydable qui est actuellement utilisé pour la fabrication des aiguilles Hao car il possède les qualités de dureté, d'élasticité et de résistance nécessaires. Les aiguilles d'acier inoxydable sont de la meilleure qualité possible, ne rouillent pas et résistent à la chaleur, alors que les aiguilles d'acier ordinaire ou de fer rouillent facilement. Les aiguilles d'or et d'argent ne rouillent pas, mais sont trop molles et chères; elles sont donc très peu employées.  Plusieurs aiguilles possèdent un corps en acier inoxydable et un manchon en alliage de cuivre.

Critères de sélection des aiguilles Hao
− La pointe de l'aiguille ne doit pas être trop aiguë, et doit plutôt avoir la forme adoucie d'une aiguille de sapin. Il faut surtout vérifier que la pointe n'est ni recourbée, ni en crochet. 

− Le corps de l'aiguille doit être rectiligne, lisse, ferme et solide, tout en possédant beaucoup d'élasticité. Il faut vérifier l'absence de taches de rouille, de courbure. Le diamètre doit être identique d'une extrémité du corps à l'autre. − La racine de l'aiguille doit être très solide. Vérifier attentivement qu'elle n'est ni ébréchée ni corrodée, elle risquerait de se briser. 

− Le manchon de l'aiguille doit être constitué par un enroulement de fil métallique serré et bien équilibré, car il doit résister à la torsion que lui infligent les doigts. Le manchon doit être bien proportionné, ni trop long, ni trop court. 

Vérifications : 
− Il est indispensable d'examiner l'aiguille avant et après usage. Il faut immédiatement écarter toute aiguille dont le corps est endommagé. Si elle est réparable, y pourvoir avant toute nouvelle utilisation. Il faut contrôler les différentes parties de la façon suivante : 

Pointe de l'aiguille 
: pour vérifier son bon état, la pincer entre pouce et index et la faire tourner. Tout défaut ou toute déformation se percevra. Si l'aiguille est stérilisée, envelopper la partie inférieure dans du coton imbibé d'alcool, la retirer ensuite en la faisant tourner. Une pointe déformée ou en mauvais état entraînera des fibres de coton. 
• Corps de l'aiguille
courbures, taches et égratignures du corps de l'aiguille peuvent être vues à l'oeil nu. Pour détecter les petites courbures non évidentes, poser l'aiguille à plat sur une table et la faire rouler lentement. La partie qui s'écarte du plan de la table est déformée. 

Les petites taches de rouille, de corrosion ou les fissures seront détectées en passant le pouce et l'index du haut en bas du corps de l'aiguille. En cas de doute, vérifier à l'aide d'une loupe. 

Manchon de l'aiguille
pour s'assurer qu'il est solide et ferme, le tenir d'une main et avec les doigts de l'autre main, serrer le corps, puis tirer et essayer de le tordre en tournant.

Les 9 aiguilles traditionnelles

En acupuncture classique ce sont les aiguilles qui produisent l’effet thérapeutique recherché, suite à une différenciation claire des déséquilibres d’après la dialectique du Yin et du Yang, des Wu Xing et des Jing Luo.

Les 9 aiguilles traditionnelles sont présentées au premier chapitre du Ling Shu, avec les points Yuan, 

La symbolique précise des 9 aiguilles est la suivante :

1ère aiguille = CHAN  “l’aiguille du CIEL” = la flèche
Traditionnellement sa longueur est de 1,6 pouces. Elle est en boule avec une petite pointe en forme de flèche. Elle est utilisée pour les punctures superficielles au niveau de la peau. Elle correspond au CIEL, au haut du corps, au POUMON, à la peau >>> disperser  un état d’excès de YANG

2ème aiguille = YUAN “aiguille de la terre” = la ronde
Traditionnellement sa longueur est de 1,6 pouces. Elle est à l’extrémité arrondie en bec de canard aplati. C’est une aiguille de MASSAGE, de GRATTAGE >>> disperser le QI des méridiens tendino-musculaires (Jing Jin)

3ème aiguille = DI  “aiguille de l’HOMME” = la mousse
Traditionnellement sa longueur est de 3,5 pouces. Elle a un bout émoussée, rond qui ne traverse pas la peau. C’est une aiguille de massage, qui agit uniquement sur la superficie >>> équilibrer l’énergie et le sang dans les vaisseaux

4ème aiguille = FENG “aiguille aigue” = les saisons
Traditionnellement sa longueur est de 1,6 pouces. Elle est acérée avec une pointe biseautée. C’est une aiguille triangulaire, utilisée pour les saignées. >>> rétablir la circulation dans les vaisseaux et de clarifier les fortes fièvres

5ème aiguille = PI “aiguille épée”  = la musique
Traditionnellement sa longueur est de 4 pouces. C’est une aiguille à la pointe aigue, en forme de sabre. Le nombre 5 correspond aux 5 notes de musique de la gamme pentatonique, 5 tons. Ces 5 notes sont en harmonie, et l’aiguille PI vise à rétablir cette harmonie >>> ouvrir les abcès CHONG à la surface de la peau pour faire sortir le pus. Aiguille de dispersion (furoncles = abcès de type YANG).

6ème aiguille = YUAN LI  “aiguille ronde et effilée” = les 12 TUBES SONORES
Traditionnellement sa longueur est de 1,6 pouces. Elle correspond aux 6 notes et aux 12 tubes sonores. L’aiguille a une extrémité pointue, épaisse et arrondie. C’est une aiguille courante épaisse, de dispersion forte >>> harmoniser les 12 méridiens, disperser les perversités

7ème aiguille = HAO “aiguille fine” = les 7 ÉTOILES
Traditionnellement sa longueur est de 3,6 pouces. C’est l’aiguille la plus fine, elle est comme un cheveu. Sa finesse permet de ne pas blesser l’énergie droite >>> tonifier le QI et le XUE et disperser

8ème aiguille = CHANG “aiguille longue” = les 8 DIRECTIONS
On l’appelle aussi MANG ZHEN « longue comme une barbe de blé ». C’est une aiguille fine dont traditionnellement la longueur est de 7 pouces. Elle est longue, fine et très pointue. Elle est indiquée dans les douleurs rhumatismales, les troubles menstruels, les problèmes intestinaux >>> tonifier ou disperser, mais elle peut s’utiliser sans manipulation, on la retire quand on a obtenu le QI.

9ème aiguille = DA  “aiguille grande” = les 9 RÉGIONS
Traditionnellement sa longueur est de 4 pouces. Elle est ronde, épaisse et son extrémité est pointue. C’est une aiguille de drainage, qui permet de faire sortir l’eau des articulations gonflées. Les liquides en excès s’écoulent après la puncture. On peut la chauffer pour certains rhumatismes ou œdèmes (gonflement articulaire avec perversité froide).





De la profondeur de la puncture

Les aiguilles d’acupuncture sont enfoncées jusqu’à ce que le praticien sente la «couche de l’énergie», soit, en général, de quelques millimètres à 1 centimètre. La profondeur d’insertion dépend de nombreux facteurs : âge du patient, type, chronicité et gravité de la maladie, saison, etc. fonction de la locatisation de la maladie 
En fonction de la couche de Qi
Dans les méthodes combinées réalisées entre trois couches, la profondeur d'insertion est divisée en trois couches de profondeur : 
  • couche superficielle : ciel (Tian)
  • couche moyenne : homme (Ren)
  • couche profonde (terre) Di


Pour un point avec une profondeur d'insertion maximale de 1,5 cun, la couche superficielle se situe entre 0 et 0,5 cun, la couche moyenne entre 0,5 cun et la couche profonde entre 1 et 1,5 cun. Ces techniques s'emploient surtout sur des points situés dans les régions musculaires du corps.

La profondeur d’un point indique sa fonction et sa signification. On part de l’hypothèse que plus le point est situé profondément, plus ses fonctions concernent les parties profondes du corps, et plus il est à même de traiter les pathologies situées au plus profond du corps. 
En fonction de la localisation de la maladie 
La puncture devrait correspondre a la localisation de la maladie.Su Wen, chapitre 50
Cet article est basé sur les chapitres 50, 51, 61 du Su Wen et sur les chapitres 2, 9 et 19 du Ling Shu. Son objectif est de discuter de la profondeur de la puncture en fonction des 4 saisons et de la nature de la maladie.
Huangdi demanda : pouvez-vous parler de la profondeur de puncture ? 
Qibo répondit: celui qui puncture l’os ne devrait pas blesser le tendon; celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser le muscle; celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser les vaisseaux sanguins; celui qui puncture les vaisseaux ne devrait pas blesser la peau; celui qui puncture la peau ne devrait pas blesser le muscle; celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser le tendon; celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser l’os. 
Huangdi demanda : pouvez-vous m’expliquer tout cela ? 
Qibo répondit : “celui qui puncture l’os ne devrait pas blesser le tendon” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau du tendon avant d’avoir atteint le niveau de l’os; “celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser le muscle” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau du muscle avant d’avoir atteint le niveau du tendon; “celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser le vaisseaux” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau des vaisseaux avant d’avoir atteint le niveau du muscle; “celui qui puncture les vaisseaux ne devrait pas blesser la peau” signifie qu’il ne faut pas s’arrêter et retirer l’aiguille au niveau de la peau avant d’avoir atteint le niveau des vaisseaux; “celui qui puncture la peau ne devrait pas blesser le muscle” signifie que l’on doit puncturer la peau dans une maladie de la peau et que l’on ne doit pas puncturer profondément pour ne pas blesser le muscle ; “celui qui puncture le muscle ne devrait pas blesser le tendon” signifie que l’on doit puncturer le muscle et que l’on ne doit pas puncturer profondément pour ne pas blesser le tendon; “celui qui puncture le tendon ne devrait pas blesser l’os” signifie que l’on doit puncturer le tendon et que l’on ne doit pas puncturer profondément pour ne pas blesser l’os.
Si l’on puncture trop superficiellement ou trop profondément que nécessaire, il y aura assurément des conséquences fâcheuses.Su Wen, chapitre 51
“La puncture devrait correspondre a la localisation de la maladie” est le principe de base le plus important concernant la profondeur de la puncture en acupuncture classique.
En d’autres termes, pour traiter une maladie de la peau, du muscle, du tendon ou de l’os, il faut que la pointe de l’aiguille atteigne le lieu d’expression de la maladie et puncturer à une profondeur incorrecte peut causer une blessure des méridiens.
L’usage des 9 aiguilles traditionnelles est basée sur ce principe. Par exemple, la première aiguille est utilisée pour traiter les maladies de la peau. Sa forme et sa petite taille, l’empêche de pénétrer le muscle.
En fonction des saisons
Huangdi demanda : le Qi des 4 saisons possède différentes formes. La cause de chaque maladie est également différente . Quel est le secret de la technique de puncture ?
Qibo répondit: le Qi des 4 saisons affecte le Qi de l’homme; le secret de la technique de puncture est de connaitre la profondeur exacte du point d’acupuncture durant les différentes saisons.
Au printemps, le Qi est dans les méridiens, le Qi est entre les collatéraux et les muscles, puncturer plus profondément est réservé au traitement des maladies graves et puncturer plus superficiellement est réservé au traitement des maladies bénignes.
En été, le Qi est dans les collatéraux superficiels, le Qi est situé sous la peau.
En automne, le Qi se trouve dans les points Jing-Fleuve et Shu-Rivière, et les points He-Mer sont utilisés si un Qi pathogène attaque un viscère Fu.
En hiver, le Qi se trouve dans les points Jing-Puit et Ying-Ruisseau, ces points doivent être puncturés profondément et les aiguilles laissées en place..Ling Shu, chapitre 19
Huangdi demanda : pourquoi le Qi est-il localisé entre les collatéraux et le muscle au printemps ? 
Qibo répondit : au printemps, l’élément Bois devient le Qi dominant et le Foie devient l’organe Zang dominant. Le Vent souffle et le Qi et le Sang du méridien commence à circuler à l’extérieur. Cependant, parce que le méridien est situé dans les couches profondes, le Qi du point se trouve entre les collatéraux et le muscle. 
Huangdi demanda : pourquoi le Qi est-il localisé sous la peau en été ? 
Qibo répondit : pendant l’été, le Feu est le Qi dominant, et le Cœur devient l’organe Zang dominant. Le Qi et le Sang du méridien sont abondants et débordent dans les collatéraux superficiels et la peau, c’est pourquoi le Qi est localisé sous la peau. Il est nécessaire de pénétrer la peau afin d’expulser le Qi pathogène. Les collatéraux superficiels sont appelés “méridiens Yang”. 
Huangdi demanda : pourquoi le Qi est-il dans les points Jing-fleuve et Shu-rivière durant l’automne ? 
Qibo répondit : durant l’automne, le Métal devient le Qi dominant et le Poumon devient l’organe Zang dominant. A ce moment, le Yin Qi devient plus fort que le Yang Qi qui commence à décliner, mais le Yin Qi n’a pas encore pénétré à l’intérieur du corps et donc, puncturer les points Shu permet de réduire le Qi pathogène Yin, puncturer les points He permet de réduire le Qi pathogène Yang. 
Huangdi demanda : pourquoi le Qi est-il dans les points Jing-puits et Ying-ruisseaux durant l’hiver ? 
Qibo répondit : durant l’hiver, l’Eau devient le Qi dominant et les Reins deviennent l’organe Zang dominant. A ce moment, le Yang Qi commence à décliner et le Yin Qi commence à croître. Le Qi et le Sang du méridien passent du Yang au Yin et puncturer les points Jing permet de réduire le Yin en excès, puncturer les point Ying permet de renforcer le Yang Qi.Su Wen, chapitre 61
Au printemps, le Qi est dans le méridien, le Qi du point est entre les collatéraux et le muscle, puncturer plus profondément est réservé au traitement des maladies graves et puncturer plus superficiellement est réservé au traitement des maladies plus bénignes.
Pendant l’été, le Qi est dans les collatéraux superficiels; le Qi du point est situé sous la peau, sélectionner les points Shu.
Pendant l’automne, sélectionner les points He, les autres règles données pour le printemps s’appliquent également.
Pendant l’hiver, le Qi est situé dans les couches profondes du corps; on doit puncturer les points Jing profondément et maintenir l’aiguille en place.
Le Qi d point des quatre saisons sont les endroits où les maladies demeurent et correspondent aux profondeurs de puncture correctes.Ling Shu, chapitre 2
Au printemps, le Qi est dans les poils. En été, le Qi est dans la peau. En automne, le Qi est entre les muscles. En hiver, le Qi est dans les tendons et les os.
La profondeur de puncture doit être en accord avec la saison.
La profondeur de puncture pour une personne en surpoids devrait être similaire à la profondeur de puncture durant l’automne et l’hiver, et la profondeur de puncture pour une personne maigre devrait être similaire à la profondeur de puncture durant le printemps et l’été. Ling Shu, chapitre 9
Les extraits du Huangdi Neijing ci-dessus affirment tous que la profondeur de puncture devrait être en accord avec la saison.
Le Su Wen au chapitre 25 affirme que “la création de l’homme dépend du Qi du Ciel et de la Terre, les lois qui gouvernent la vie correspondent aux 4 saisons”.
Il est clair que le Qi des saisons affecte le Qi de l’homme et d’après le chapitre 16 du Ling Shu, le Qi de l’homme est le Qi et le Sang des méridiens. Le Su Wen au chapitre 59 nous dit que “les points d’acupuncture sont formés par le Qi/Xue des méridiens”.
Cela nous indique que les points d’acupuncture représentent les méridiens et puisque le Qi circule plus ou moins profondément dans le corps en fonction des saisons, le Qi et le Sang des points d’acupuncture subissent eux aussi ces fluctuations de profondeur.
Lorsque nous puncturons un point pour régulariser les fonctions des canaux ou disperser un Qi pathogène, nous devons connaitre la profondeur du point pendant la saison puis décider de la profondeur de puncture. C’est un des points les plus fondamentaux de la puncture classique !
Ne pas puncturer à la bonne profondeur peut entraîner une blessure des méridiens et aggraver l’état du patient.
Les ouvrages modernes réduisent souvent cette notion de profondeur de puncture à un intervalle de quelques fen, par exemple, la profondeur de puncture de Tai Yuan (9P) est de 0.2 à 0.3 cun. La profondeur de puncture est donc devenue une notion aléatoire essentiellement basée sur la morphologie du patient et pas sur la saison en cours.
Sans connaitre la profondeur exacte du Qi durant les différentes saisons, et même avec une bonne différentiation des syndromes, une bonne sélection de points et une bonne manipulation des aiguilles, il est impossible d’obtenir de bons résultats car “le secret de la poncture est de connaitre la profondeur exacte du Qi durant chaque saison”.
En résumé :
La profondeur du Qi des points pendant l’été correspond à la profondeur de puncture pendant l’été et est située sous la peau. On doit insérer l’aiguille juste sous la peau sans aller plus loin.
La profondeur du Qi des points au printemps correspond à la profondeur de puncture au printemps et est située entre la peau et les muscles. On doit passer la peau et insérer un peu plus profond mais s’arrêter avant d’atteindre l’espace entre les muscles.
La profondeur du Qi des points pendant l’automne correspond à la profondeur de puncture en automne et est située entre les muscles. On doit s’arrêter quand la pointe de l’aiguille atteint l’espace entre les muscles.
NB : cette 3ème affirmation est inféré par la logique du texte. En effet, dans les citations ci-dessus, la profondeur de puncture pendant l’automne n’est pas mentionnée mais le texte discute plutôt de l’application des 5 points antiques, i.e., Jing, Shu et He pendant l’automne. Le Ling Shu au chapitre 44 affirme que les 5 points Shu correspondent aux 5 aspects des 5 zang (saison, jour, couleur, ton et saveur) mais que leur puncture ne correspond pas aux saisons. D’après le chapitre 1 du Ling Shu, les 5 points Shu représentent le méridien et les points Jing, Shu et He représentent donc également le méridien. On peut en déduire que la profondeur du Qi des points est identique pour tous les points.
La seule mention de la profondeur de puncture pendant l’automne est donnée dans le chapitre 16 du Su Wen où il est dit : “puncturer le point sur la peau pendant l’automne”. Mais si la profondeur du Qi des points est sur la peau alors cela contredit la caractéristique fondamentale des points d’acupuncture. Le chapitre 1 du Ling Shu nous dit : “un point d’acupuncture est toujours localisé dans une dépression entre les muscles, en dehors des tendons, sous la peau et au-dessus des os”. Il est donc impossible que le Qi du point durant l’automne soit localisé sur la peau.
On peut déduire de la lecture des textes classique que les profondeurs du Qi des points durant les 4 saisons sont les collatéraux, les méridiens, les muscles et les os. Du printemps à l’été, le Qi et le sang circulent de l’intérieur vers l’extérieur du corps, la profondeur du Qi des points se déplace du niveau profond vers la superficie. De l’automne à l’hiver, le Qi et le Sang circulent de l’extérieur vers l’intérieur du corps, la profondeur du Qi des points se déplace de la superficie vers la profondeur. Il est donc clair que la profondeur du Qi des points durant l’automne est située entre les muscles, a un niveau plus profond qu’au printemps mais moins profond qu’en hiver.
La profondeur du Qi des points pendant l’hiver correspond à la profondeur de puncture pendant l’hiver et est située au niveau des os. On doit donc insérer l’aiguille en direction de l’os et s’arrêter juste avant que le pointe de l’aiguille ne touche l’os.
Basé sur : l'article "de la profondeur de l'aiguille en médecine chinoise" de jean sylvain PROT

Préparation à la manipulation des aiguilles

Entraînement de la force des doigts et du coup de main :
Un grand entraînement est nécessaire pour obtenir un doigté et un coup de main  parfaits. Le praticien bien entraîné enfonce l'aiguille rapidement, grâce à quoi le malade ne sent rien ou presque au moment où l'aiguille perce la peau. Un coup de main délié et naturel aide le malade à bien accepter le traitement. Un praticien qui manque d’entraînement a du mal à contrôler l'aiguille qui pénètre plus lentement dans la peau
et occasionne ainsi une douleur inutile. Ses gestes manquent de coordination lorsqu'il fait tourner l'aiguille, l'enfonce et la tire, et le patient en ressent une impression désagréable et risque de développer un sentiment de crainte à l'endroit du traitement, ce qui influe sur son efficacité.

Positions du patient :
Une bonne position pour le patient est d'une grande importance, elle influe sur l'efficacité de la manipulation et l'exactitude de la localisation des points. Ceci est encore plus évident dans le cas d'un patient très faible ou gravement atteint. Un malade très faible ou très nerveux que l'on traite en position assise risque d'être victime du mal des aiguilles. Un patient placé dans une position incommode peut
bouger pendant que les aiguilles sont en place ou pendant leur manipulation, d'où un risque de torsion de l'aiguille ou de douleur locale. Le choix d'une position adéquate est donc essentiel en clinique. Il convient donc de garder à l'esprit les points suivants :

1) Le praticien doit pouvoir localiser correctement les points et manipuler facilement les aiguilles. Le corps et les membres du patient doivent être détendus, il doit pouvoir garder assez longtemps la position.

2) Il faut choisir une position permettant dans la mesure du possible de laisser à découvert les emplacements des points choisis.

3) Lorsque les besoins thérapeutiques ou les particularités de certains points exigent des positions particulières, elles doivent être choisies en fonction de l'état du patient et des caractéristiques de sa maladie. Si le malade souffre de difformités ou de douleurs intenses et ne dispose pas de toute sa mobilité, des positions particulières peuvent être choisies.

4) Le décubitus est la position la plus généralement adoptée pour les manipulations, elle permet d'éviter le mal des aiguilles chez les malades faibles, tendus ou  hypersensibles ou chez ceux qui viennent consulter pour la première fois.

5) Pour éviter que le malade ne bouge et que les aiguilles ne se tordent ou ne se cassent, il faut le placer dans une position agréable et naturelle pendant le temps où les aiguilles sont en place.
6) Pour éviter au patient de se refroidir dans une pièce dont la température est basse ou par temps froid, il faut réduire la surface de peau découverte ainsi que le temps d'application des aiguilles.
Position assise, dos appuyé au dossier d'une chaise : convient pour les points de la face, de la partie antérieure du cou et de la partie supérieure du thorax.

Position assise, en appui frontal : convient pour les points du sommet du crâne, de la nuque et du dos.

Décubitus latéral : convient pour les points de la face latérale du corps et particulièrement pour ceux du méridien Shao Yang.

Décubitus dorsal (éventuellement avec un coussin sous le creux poplité) : convient pour les points de la face antérieure du corps et particulièrement pour ceux des méridiens Ren Mai, Zu San Yin et Yang Ming.

Décubitus ventral : convient pour les points des régions dorso-lombaires et particulièrement pour ceux des méridiens Du Mai et Tai Yang.

En fonction des points que l'on désire atteindre, on peut également demander au patient placé dans une de ces positions de maintenir ses membres en extension ou en flexion. Par exemple :
Paume en l'air : points de la face palmaire du membre supérieur tels que les points des méridiens Shou San Yin.
Coude fléchi : points de la face dorsale du membre supérieur tels que les points des méridiens Shou San Yang.
Genou fléchi : points de l'articulation du genou et des faces internes et externes du membre inférieur.

Désinfection des mains du médecin
Le praticien doit, avant chaque acte médical, se laver les mains à l'eau savonneuse ou se les passer à l'alcool. 

Désinfection des zones à traiter :
Frotter les zones à piquer avec un coton imbibé d'alcool à 70° ou à 75°, l'idéal étant de frotter en rond de façon centrifuge, depuis l'emplacement du point vers la périphérie. On peut également badigeonner la peau avec une solution d'alcool iodé à 2,5 % et, une fois la peau sèche, ôter la teinture d'iode en frottant du centre vers la périphérie à l'aide d'un coton imbibé d'alcool à 70°. Quand la peau est désinfectée, veiller à éviter toute souillure. 

Attitude du médecin et du malade pendant le traitement: 
L'attitude du médecin conditionne l'ensemble du traitement. Il doit être de tout son cœur au service du patient. Le chapitre 54 «Zhen Jie» (explications sur les aiguilles) du Su Wen dit à ce propos : «La main doit être aussi ferme que celle de celui qui veut maîtriser un tigre. L'esprit ne doit pas s'éparpiller mais doit être tout entier au malade, il ne faut pas regarder à droite et à gauche». Et le Ling Shu insiste : «Dans la façon de tenir l'aiguille, c'est la fermeté qui a le plus de prix. Il faut que les doigts tiennent l'aiguille correctement, piquer droit sans faire aller l'aiguille à droite ou à gauche, l'esprit doit être à chaque détail et l'attention fixée sur le malade. Il faut surveiller les vaisseaux, c'est là la façon de piquer sans danger». Ces citations montrent bien que pendant le traitement, le médecin doit être appliqué, qu'il doit procéder prudemment et avoir l'esprit concentré sur sa manipulation. Il doit s'appliquer à ce que la force d'excitation soit exactement au niveau convenable et surveiller les réactions et la physionomie du malade ainsi que l'arrivée de l'énergie (De Qi).

 Le malade doit avoir entière confiance dans le traitement et garder un esprit combatif vis-à-vis de sa maladie. Ling Shu dit que le malade doit, au moment de la puncture : «concentrer ses esprits» et «tendre sa volonté vers l'aiguille». Le chapitre Wu Zang Sheng Cheng (Devenir et production des cinq organes) du Su Wen déclare de son côté : « Celui qui ne laisse pas soigner sa maladie ne pourra être guéri et les soins seront inefficaces». Ces citations montrent que le succès du traitement dépend étroitement de l'attitude du malade.

Arrivée et mobilisation de l'énergie en acupuncture

L'arrivée de l'énergie
Elle est appelée également «sensation de l'arrivée du Qi (De Qi / Dé Qì atteindre les souffles / sentir le souffle)  » ou Zhen Gan (tressaillements).  Ces sensations peuvent prendre plusieurs formes : démangeaison, engourdissement, courbature, sensation d'enflure, pesanteur, resserrement autour de l'aiguille, chaud, froid, tressautement musculaire ou petit choc électrique. Parfois légèrement désagréables, ces sensations sont peu intenses et ne durent habituellement qu'un instant.  Elles indiquent souvent que le traitement a atteint son but. 

Si ces sensations ne sont pas observées, alors l'emplacement ineact du point d'acupuncture, la profondeur inappropriée de l'insertion de l'aiguille, une manipulation inadéquate sont mis en cause. Si De Qi n'est pas immédiatement observée lors de l'insertion de l'aiguille, diverses techniques de manipulation manuelle sont souvent appliquées pour la favoriser (par exemple "plumer", "secouer" ou "trembler".


L'acupuncteur peut alors choisir d'enlever l'aiguille ou de la laisser en place encore quelques minutes. En général, les patients se sentent détendus après un traitement d'acupuncture.

L'arrivée de l'énergie est nécessaire au succès de l'acupuncture et c'est sur elle que se fondent les stimulations indiquées pour le traitement. Le chapitre Jiu Zhen Shi Er Yuan (Neuf aiguilles et douze Yuan) du Ling Shu dit à ce propos : «Si l'énergie ne vient pas, peu importe le nombre de punctures, si elle vient, on peut enlever les aiguilles». Le Biao You Fu de son côté décrit plus en détail les sensations que l'on éprouve au moment de l’arrivée de l'énergie : «Léger, lisse, lent, l'énergie n'est pas encore là, pesant, âpre, resserré, l'énergie est là », et encore : «Lorsque l'énergie arrive, on dirait un poisson qui plonge et qui flotte après avoir avalé l'hameçon. Lorsque l'énergie ne vient pas, c'est comme les abysses d'un endroit vide et mélancolique»

Dans la pratique clinique, lorsque l'énergie n'est pas encore arrivée, l'aiguille s'enfonce comme dans du vide et le patient ne ressent rien. Lors de l'arrivée de l'énergie, le patient éprouve des sensations de gonflement et d'engourdissement et, à des degrés divers, une impression de diffusion et de conduction. Le chapitre Xing Zhen (L'aiguille qui réussit, § 67) du Ling Shu appelle ces phénomènes, «mouvement du principe vital supérieur» (Shen Dong) ou «circulation de l'énergie» (Xing Qi). C'est-à-dire que «Le principe vital supérieur et l'énergie se suivent» (notes du Ling Shu). Ces sensations sous l'aiguille («pesant, âpre, resserré,» qu'éprouve le praticien sont décrites par Xu Feng dans ses notes au sujet du Biao You Fu comme la preuve de «l'arrivée de l'énergie et du principe vital supérieur», et par Wu Kun dans ses notes au même ouvrage, comme le résultat du fait que «le principe vital supérieur se dirige vers le point»

Tout ceci montre que la poncture met en mouvement le principe vital supérieur et l'énergie du point et des méridiens. Ainsi le chapitre Jiu Zhen Shir Er Yuan du Ling Shu dit : «Ce qui détermine le succès de la poncture, c'est l'arrivée de l'énergie».

Dans les notes ajoutées à cet ouvrage, il est également écrit : «Dans la pratique de l'acupuncture, l'important est d'obtenir le principe vital et de prendre l'énergie». Si l'énergie n'arrive pas, la raison en est généralement une mauvaise localisation du point, une mauvaise maîtrise de l'intensité de la stimulation ou de la profondeur, de la direction ou de l'angle d'insertion de l'aiguille, ou encore un malade trop faible dont l'énergie est insuffisante et dont la sensibilité est émoussée ou totalement tarie. Dans ce cas et sauf si le malade a perdu toute sensibilité, on peut appliquer les méthodes d'activation de base ou auxiliaires décrites plus haut.


La mobilisation de l'énergie 
La circulation de l'énergie se manifeste par la diffusion ou la conduction de la réponse à l'excitation vers un endroit déterminé. Le Zhen Jiu Da Cheng dit : «Lorsque la maladie est éloignée, il faut d'abord conduire l'énergie vers le foyer de la maladie». Ceci revient à dire qu'il faut faire mouvoir la réponse à la puncture d'un point éloigné vers le foyer de la maladie. C'est ce qu'on appelle faire circuler ou mobiliser l'énergie. En ce qui concerne le principe de la circulation de l'énergie, les notes du Ling Shu expliquent : «Si le principe vital supérieur (Shen) circule, l'énergie circule; si l'énergie circule, le principe vital supérieur circule également».

Concrètement, pour bien mobiliser l'énergie, il faut bien maîtriser l'angle, la direction et la profondeur d'insertion de l'aiguille et bien piquer les tissus qui conviennent. 

Lorsqu'il existe une certaine distance entre le point choisi et le foyer de la maladie, il faut tenir compte du trajet des méridiens et ainsi, par exemple, piquer obliquement vers le bas en appuyant fortement le pouce de la main gauche au-dessus du point si l'on a choisi un point situé au-dessus du foyer de la maladie, ou au contraire piquer obliquement vers le haut en appuyant en-dessous du point si l'on a choisi un point situé au-dessous du foyer de la maladie. Cette manœuvre permet à l'énergie de circuler dans la direction voulue. Lorsque l'on perçoit la propagation de l'énergie vers un certain endroit, on peut l'aider à se propager plus loin ou renforcer la réponse en tournant l'aiguille avec une grande amplitude, ou utiliser des méthodes auxiliaires décrites plus haut